YOJIMBO

Voilà déjà un moment que nous sommes rentrés de notre voyage. Comme on se l’imaginait, il reste encore quelques vidéos et articles sur la ligne de touche. Nous avons néanmoins pris du plaisir en retournant fouiner dans le disque dur, à la recherche de ces sons, ces personnalités qui ont marquées notre périple.

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C’est John Stone, le musicien barbu que nous avions rencontré à Lafayette qui nous a rencardé sur ce jeune groupe de la Nouvelle Orléans. Yojimbo donnait durant cette période une représentation tous les mercredis dans un bar de la ville. Nous n’avons malheureusement que trop brièvement discuté avec Carly Meyers la chanteuse, ce qui nous laisse un goût de trop peu car une fois sur scène, on se dit que c’est le genre de fille avec qui on irait bien boire un verre. C’est une pile électrique qui ricoche dans les 9 m2 qui lui sont offert et ainsi réussi à transmettre au public toute sa folie. Ses musiciens sont tous aussi tarés qu’elle. Yojimbo est un groupe à voir par tous les temps, toutes les humeurs .

Duo chileno-argentin en Bolivie

Al sur de Bolivie, antes de cruzar la frontera argentina, hemos dejado nuestras mochilas durante un tiempo así que un parte de nuestro corazón para siempre.

La región vitícola de Tarija tiene todo que necesitamos de sol y de buana gente a conocer. Está sobre esa ruta que hemos encontrado al duo chileno-argentino Ricardo y Alberto. Estaba precisamente en Gino Tinto, un nuevo proyecto que tiene, por seguro, un hermoso futuro. Remi tomó el tiempo de hacer el vinculo entre los músicos y nuestro proyecto. Los artistas están ya al programo de la escena musical del bar-tapas que va a offrir noches de descubrimiento de los artistas locales y otros, en un lugar caluroso y super bien situado…

A 500 metros de alla, el Hostel Casa Blanca estaba nuestra casita provisional… Clotidle y Luis hacen de este lugar un albergue maravilloso y están ahora nuestros amigos. Entre les hamacas y la parrilla José y Gabriel, dos argentinos de paso, han puesto ellos toques de color.

La fresca de Bob Dylan (visible en la video) es una de sus creaciones. Ahora, cuatro murales están a descubrir en las calles de Tarija. Dan un lado « street art » a la ciudad que nos gusta mucho.

Así que estaba a l’alba del ano nuevo, siempre sobre nuestro pequeño nube que hemos viajado más lejos con las notas de Soledad… La energía que pasaba entre los músicos ha creado una atmósfera perfecta que hemos encantado.

Pero, ahora lo que aconsejamos es simplemente : van alla para vivir directamente la buena onda que ofrecen…

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C’est au Sud de la Bolivie, juste avant de passer la frontière Argentine, que nous avons déposé nos affaires durant quelques temps ainsi qu’une partie de notre coeur indéfiniment.

La région viticole de Tarija nous offre tout ce qu’il faut de soleil et de belles personnes à rencontrer. C’est sur cette route que nous avons croisé le duo chileno-argentin Ricardo et Alberto; et plus précisément, entre les murs de Gino Tinto un projet tout frais et prometteur porté par Rémi et Chino. Malgré l’excitation d’une veille d’ouverture Rémi trouve le temps de nous mettre en contact avec les artistes. Les musiciens sont d’ailleurs déjà au programme de la future scène du bar-tapas qui promets de belles soirées à la découverte d’artistes locaux et autres, dans un endroit chaleureux et super bien situé.

A 500 mètres de là, l’Hostel Casa Blanca devient notre petit chez nous provisoire. Clotilde et Luis tiennent cette auberge à merveille et viennent s’ajouter à nos compagnons de guindailles pour les fêtes de fin d’année.

Entre les hamacs et parrilla José et Gabriel, deux argentins de passage, viennent mettre leurs touches de couleurs. La fresque de Bob Dylan (visible dans la vidéo) est d’ailleurs l’une de leur création. A l’heure actuelle, quatre autres peintures murales égaient les rues de Tarija. Ca donne un coté street art à la ville qu’on aime bien.

C’est donc à l’aube de l’année nouvelle, toujours perchés sur notre petit nuage que nous décollons sur les notes de Soledad un titre écrit par Ricardo lui-même. L’énergie qui passe entre les artistes a crée une atmosphère parfaite pour cet instant dont nous avons profité pleinement.

Après, nous, tout ce qu’on vous conseille, c’est de vous rendre directement sur place pour allez vivre en live la “buana onda » qu’ils dégagent…

Une artiste à l’image du World Music Tour.

La rencontre avec Helen est le genre de coup du hasard que nous aimons. C’est une bonne soupe de frissons et de partages mélangés au décor magique de La Nouvelle Orléans.

Maintenant que nous sommes en Argentine, nous repensons à elle comme une musicienne totalement en phase avec le projet.

Pour un petit bout d’histoire … 

NOLA est bien connue pour le jazz traditionnel que mélomanes et amateurs viennent apprécier ici. Il trouve ses racines dans les cuivres et sonorités amenés directement d’Europe et qui rencontrent les rythmes des anciens esclaves noirs arrivés dans la région.

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Nos chemins se croisent pour la première fois dans l’arrière court du bar-concert “Bacchanal”.

Curieux, nous nous installons sur deux chaises en métal face à la scène. Helen monte son matériel : ampli, haut-parleur, une pédale de « loop », quelques micros et son violoncelle. “Femme-orchestre », elle joue et chante sur des pistes qu’elle enregistre en direct pour créer un ensemble tenu.

Un peu plus tard, elle nous ouvrira les portes de son salon pour nous donner accès à sa passion, ses anecdotes …

On se faufile en vélo entre les blocs du quartier artistique de NOLA. Cet endroit fut ravagé par l’ouragan Katrina. La ville a donc proposé à de jeunes artistes de retaper les baptises pour ensuite leur vendre à un prix très avantageux. C’est ainsi que, petit à petit le quartier a repris vie.

Helen nous accueille. Son intérieur est dédié à la musique : un piano à queue blanc, des vinyles, un violoncelle aux couleurs du Royaume-Unis…

Cette violoncelliste belgo-américaine nait à Leuven d’un papa belge et d’une maman de Chicago. A deux ans, elle quitte notre pays pour aller vivre à Singapur où ses parents l’encouragent à découvrir le monde au travers d’un instrument qu’elle choisi : le violoncelle, « aussi grand que moi ».

Voyageuse dès son plus jeune âge, elle parcourt déjà le globe.

 “Toute mon enfance je l’ai passée dans des avions pour visiter trois continents de famille…” 

À douze ans, elle part vivre à Chicago. Les notes lui permettent de rencontrer les bonnes personnes et créer un univers musical plus ouvert.

Plus tard, en arrivant à la Nouvelle Orléans pour poursuivre ses études, elle sort du cadre imposé par sa formation classique, trop de règles, pour des symphonies trop cadrées dans un système. Jazz et Punk à NOLA lui ouvrent des portes sur de nouvelles idées que de nombreux excentriques et artistes décalés ont déjà ouvertes. L’accueil est chaleureux. Tout comme celui qu’elle nous a réservé.

« Les marécages, sont partout, on sue, on a chaud, les gens sortent et se rencontrent dans les rues, ils partagent et viennent de tous horizons. »

Lorsqu’Helen rencontre Nancy Lash, son professeur de musique hindoustani, elle apprend à ressentir les notes et à improviser. À dix-neuf ans, la musique d’Inde du Nord lui permet d’ouvrir grand ses oreilles. Elle écoute tous les sons qui l’entourent et crée sa propre histoire…

“Aujourd’hui je joue sans être liée à une page. C’est un vrai cadeau. Je dois beaucoup à Nancy Lash!”

La musique hindoustani est très spirituelle. Elle fait lien entre la terre et notre spiritualité en passant par des chemins de notes basés sur l’improvisation. C’est une sorte de méditation qui débute en douceur. Helen nous décrit ces deux ans d’apprentissage. Son discours fait échos à celui de Mohan Khan, artiste rencontré à Jaisalmer. Lui aussi nous présentait une gamme de note, appelée raga, qu’il faut maitriser pour ensuite manipuler de façon spontanée.

Avec son talent d’impro, son goût pour le jazz, le punk et la musique du monde, sa personnalité musicale se façonne. Un peu de rock, un peu de funk et puis “Ce petit royaume” de Julos Baucarne – artiste belge et ami de la famille. Elle reprend quelques uns de ses textes qu’elle allie aux rythmes de NOLA ce qui, aujourd’hui , lui est caractéristique. Inspirée aussi de Brassens, elle reprend également les fables de La Fontaine. Avant de se dire aurevoir, elle nous confie ses futurs projets qui incluent une version remaniée de “Chef un petit verre on a soif” du Grand Jojo…

Elle ajoute : “et en plus, je suis belge dans tous ça …” 

Nous sommes toujours dans son salon. Elle termine en nous montrant sa collection de vinyles : Otis Redding, Bikini Kill, Fripp and Eno et l’album « SO » de Peter Gabriel. De tout, pour toutes ses humeurs.

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Le club du dimanche havanais

Callejón de Hamel

Voici une deuxième page cubaine qui s’ouvre sur un groupe de La Havane. Groupe qui n’est pas vraiment un groupe car il s’agit plutôt ici d’un rendez-vous d’amoureux et professionnels de la musique afro-cubaine.

Tous les dimanches, on se rassemble dans cette petite rue qu’on appelle “Callejón de Hamel”. L’endroit est l’oeuvre de l’artiste cubain Salvador Gonzales Escalona : peintures murales, sculptures à partir de matériaux de récupération, ateliers, etc. L’artiste a voulu faire de la Callejón  « le premier temple de la culture noire, rendue à sa dignité ».

En effet, la ruelle est un parfait exemple du syncrétisme cubain. On y voit les représentations des divinités africaines qui côtoient les saints chrétiens. On trouve aussi quelques peintures dédiées au livre de Saint-Exupéry : « Le Petit-Prince ». 

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Un couple, de soit disant étudiants, nous accompagne. Ils nous expliquent comment fonctionne la ville, le pays, l’économie, la pauvreté, avant de déposer la marchandise que nous sommes dans le bar le plus touristique et le plus cher de la ruelle. Plus tard, on rencontrera des copies conformes de ce couple qui, après un bref tour d’horizon de l’historique du pays nous proposent gentiment de leur payer un coup dans le bar le plus cher du coin. On se laisse faire quelques fois, curieux de cette sympathie spontanée, puis on finit par décliner l’offre, lassés de ce mode opératoire et refusant d’entretenir l’image que certains peuvent avoir de nous.

A partir de onze heure du matin, la rue commence à se remplir jusqu’à se boucher, laissant un mince sentier qui serpente dans la foule. Il n’est pas facile de se faire une place. On observe les musiciens et danseurs à travers un mur humain, sous une aisselle transpirante ou en se tenant en équilibre sur des pavés maladroitement empilés.

La musique qu’on écoute provient des bateaux qui, un jour, ont débarqués tout un peuple sur l’île. Ces rythmes d’outre-Atlantique, le volume sonore, ces hauts-parleurs qui saturent et la foule multicolore nous rappelle la Second Line de la Nouvelle-Orléans. Sauf qu’ici, on fume des cigares, on boit du rhum et on entend la mer qui s’éclate en se jetant sur la célèbre digue « Malecon ». Pas de doute, nous sommes bien à Cuba.

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On aime ces ambiances de dimanche. Elles sont différentes dans tous les pays et nous ne pouvons nous empêcher de les comparer entre elles. Parfois explosives, animées, posées ou endormies, quoi qu’il arrive le dimanche, les gens prennent leur temps. On se rappelle de ce jour où nous avions filmé Kiam Pian au Laos. C’était un dimanche, on ne peut plus calme. Ce musicien vivait dans une école désertée des enfants. L’ambiance était bien différente. Seul le soleil, nous et notre caméra n’ont pas changés.

Cette fois-ci, nous n’avons pas de contact avec les musiciens de la Callejon de Hamel. L’atmosphère festive et bordélique que l’on perçoit est pour nous déjà bien représentative du pays. On se contente de filmer, prendre le son, regarder, apprécier et enfin, s’échapper.

Quand le soleil brille sur Viñales

Cuba. Dans notre imaginaire post-voyage, c’est la musique, les vieilles américaines, le communisme (ça donne quoi en vrai?), les hôtels de luxe, mais aussi une grande confiance dans la rencontre des populations locales.

La Macarena¹, qu’on a dansé enfant;  Hasta Siempre Comandante Che Guevara, qu’on a chanté pour donner vie à notre révolution d’adolescent, un écusson cousu sur notre sac ; Chan chan sur laquelle on se déhanche aujourd’hui; pour ma part avec mon papa dans son salon…  tous ces titres représentent une part de la musique cubaine qu’on reconnaît.

De cette île, tant marquée par son histoire politique que via la diversité de ses populations, jaillit une multitude de styles musicaux. Pour en faire une liste non-exhaustive, nous pourrions citer, la salsa, qui englobe le son de Cuba, le mambo, le guaracha, etc. Ajoutons à cela le cha-cha-cha, la rumba, le merengue, le cubaton et bien d’autres.

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Ceci dit, nous retenons de Cuba ses titres plus que ses styles musicaux.

La vérité, c’est qu’en arpentant les rues de la Havane, et cela vaut pour les autres régions de l’île, on tombe bien souvent sur des playlist semblables :  Chan Chan, Guantanamera, la Paloma, Chachacha, La Cucaracha ainsi que bien sûr, Hasta siempre comandante Che Guevara .

Certains trouveront cela un peu rébarbatif alors que d’autres apprécieront les nuances des titres chaque fois interprétés différemment.

Par ailleurs, Cuba ne semble pas si différents de ses voisins américains. Le blues, le reggae, la musique cubaine et afro-cubaine ont ce point commun de reprendre de grands titres ou riddims à leur façon (pour exemple : Saint James Infirmary en blues, le riddim de ragga-dance hall en Jamaïque, et les classiques cubains énoncés ci-dessus).

 Sol del Valle

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Nous avons rencontré cinq membres du groupe Sol del Valle un soir à Viñales. Un village entre montagne et champs de tabac où l’on mène une vie douce.

Entre des titres plus « classiques », nous découvrons quelques chansons de leur composition. Ils jouent en formation typique cubaine : deux guitares (une classique et une autre appelée Tres Cubain – 3×2 cordes), des congas, une contre-basse, et bien sûr des maracas et le chant. Il nous est arrivé de rencontrer des formations où flûtes, piano, trompette et saxophone viennent s’ajouter ou remplacent l’une où l’autre guitare. En ce qui concerne Sol del Valle, lorsqu’ils sont au complet, un saxophoniste ainsi qu’un trompettiste viennent prendre part aux arrangements.

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Macusa, qu’on partage avec vous aujourd’hui, est un titre repris de Compay Segundo, célèbre figure à Cuba et ancien membre clés du groupe Buena Vista Social Club.

Jésus, à la percussion et au chant nous fascine avec sa voix originale qui, aiguë, colle si peu au personnage.

Alfredo joue de la flûte par sa narine, du jamais vu de notre côté.

Nous vous lassons donc découvrir ces musiciens qui nous ont séduit par leur entrain et professionnalisme. Un formation vivante, qui nous l’espérons vous fera voyager…

 

¹ La Macarena est en réalité un titre espagnol du groupe Los del Rio, cependant largement repris à Cuba.

Une épopée musicale au coeur de la Nouvelle Orléans

La Nouvelle Orléans n’est pour sûr, pas à l’image d’une Amérique qui flotte dans nos esprits. Loin de l’idée qu’on peut se faire de ces drôles d’Etats-Unis, il existe un ville à l’architecture latino-créole qui explose en mille couleurs au creux de la Louisiane.

Dans les rues perpendiculaires, qu’on parcourt à coups de pédales, des galeries d’arts et vieux entrepôts, repris par des artistes underground, ouvrent leurs portes sur une vie culturelle foisonnante.

Des rocking chairs balancent sur des porches mauves, jaunes, verts, … des lierres grimpent sur les balcons en fer forgé du quartier français, des fontaines, des magasins vintage qui proposent des robes des années 20.

La musique résonne du matin au soir dans les dizaines de bars et Jazz Club. Elle se disperse dans les rues du quartier français jusqu’au plus vieux quartier de la ville que certains connaissent peut-être : Treme.

Ici, on ne dort pas monsieur! On rit, on chante, on danse dans les rues. L’ambiance c’est vous, c’est lui et moi aussi !

Un saxophone pleure, bientôt rejoint par d’autres musiciens qui passaient par là. Il y a de la place pour tous et si tu hésites encore un peu quand il s’agit de souffler dans ta trompette, viens quand même sur scène et fais partie de la fête!

Ici, les musiciens c’est comme une grande famille, ils se connaissent presque tous…

Il faut, je pense, le voir pour le croire et le vivre pour ressentir pleinement l’atmosphère qui règne sur ce petit monde à part.

Les noctambules déambulent dans les rues, passent d’un jazz bar à l’autre pour découvrir l’effervescence du soir. Le jour, on se promène au rythme des artistes de rue, on s’arrête, on continue.

Les locaux se saluent, des artistes peintres, diseurs de bonne aventure, installent leur échoppe le long de Jackson Square.

Un peu plus loin un duo bicolore et bi-instrumental a ouvert son étui rigide pour récolter quelques dollars. Ils animent la place au son d’une trompette, d’un banjo, d’une voix. On profite d’une brève pause pour les aborder et leur proposer de faire partie de notre aventure.

Ils en sont! Nick Snyder et Branden Lewis du groupe The Swamp Kitchen 

site internet : http://www.swampkitchen.com/

Ce nom étrange The Swamp Kitchen, qu’on pourrait littéralement traduire comme “Les Cuisines du Marais” a une connotation bien locale. Il suffit de jeter un oeil sur une carte de la région ou de regarder l’un des derniers Disney : La Princesse et la grenouille pour découvrir que NOLA (Nouvelle Orléans) est au coeur d’un marécage étendu; où alligators et mousse espagnole font des cyprès centenaires leur terrain de jeu.

D’autres artistes y ont trouvé leur inspiration pour nommer leur groupe. Par exemple, The Swamp Donkeys où « Les Ânes du Marais », que nous avons rencontrés une après-midi à La Maison Bourbon. C’était en plein centre du French Quarter.

On vous propose ici de passer la porte d’entrée d’une des enseignes les plus réputées pour les artistes qu’elle produit. A l’heure de la sieste, par une chaude après-midi louisianaise, les musiciens nous bercent en reprenant un titre Steve Martin, Tonight You Belong To Me.

Que la fête continue… 

Comme nous vous l’avons affirmé, la ville musicale ne déchante jamais. On vous emmène alors vers notre dernière destination, à l’autre bout de la Nouvelle Orléans dans un quartier retiré où la Second Line bat son plein un dimanche après-midi…

Le concept est vieux comme une grand-mère qui swing. A l’image des danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest, The Second Line est une parade qui accompagne les processions funéraires, mais aussi les après-midis barbecue, célèbre la liberté des noirs américains, en passant par Mardi Gras … Aujourd’hui toute occasion est bonne pour mettre en place de tels cortèges dansant qui rassemblent tous les amateurs de jazz.

La First Line, ou première ligne, comprend les artistes et groupes officiels de musiciens et danseurs. Les habitants, plus qu’investis dans la parade et qui représentent toute la quintessence de l’évènement, forment une « Second Line » explosive qu’on ne peut s’empêcher de suivre… Elle se forme et s’amplifie au son de l’orchestre itinérant qui attrape les gens au passage…

Si vous les croisez, considérez-vous chanceux car, d’une part vous êtes dès lors assurés de passer un bon moment, plus que typique, à la Nouvelle Orléans, mais aussi car, difficile de prévoir : l’heure et le lieu de rendez-vous ne sont rarement révélés que quelques dizaines de minutes avant le départ.

 Voici un petit aperçu :

La barbichette de Lafayette

Nous avons rencontré Jon Stone, artiste et amis, à Lafayette, ville connue pour sa musique Cajun et Zydeco que vous pouvez découvrir dans l’un de nos précédent article.

Lorsque, le jour de notre arrivée dans la ville, nous posons nos sacs à dos pour manger des nachos au fromage, un barbu nous aborde. Faut dire que des backpackers en visite à Lafayette c’est pas ce qu il y a de plus commode.

Le courant passe directement entre nous. Nous nous donnons alors rendez-vous pour une bière. Plus tard, après l’un de ses concerts, il nous proposera une virée en kayak sur le Lake Martin. Ce lac, correspond à l’image traditionnelle que l’on peut se faire de la Louisiane, des cyprès centenaires, des alligators ainsi qu’une large variété d’oiseaux.

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Enfin, il nous prêtera sa maison au bord du bayou le temps d’un week-end…

Nous voulions vraiment capter et mémoriser la musique de Jon afin de pouvoir la partager avec vous. D’abord car nous apprécions ce qu’il fait mais aussi car il fait partie des personnes qui ont occupé une place importante dans notre aventure. Chaque rencontre avec les musiciens est différente. On est parfois de passage dans la vie des uns, d’autres deviennent des amis qu’on se promet de revoir un jour.

Les Etats-Unis comme on les aime résonnent sacrément bien dans ses notes. Un vieux banjo au cou de mandoline datant des années 20′, un porche aux rocking chairs grinçants, une barbe et l’bayou ça fait toute une histoire. L’inspiration de Jon trouve sa source dans un « Old American Style » (Blue Grass, Mississippi Delta Blues, Country Music) et prend parfois des airs du Kentucky.

Originaire du Kentucky, un papa musicien, avec une préférence pour la musique acoustique, Jon s’inspire de la vie de tous les jours lorsqu’il compose ses chansons.

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Membre du groupe The Vagabond Swing, il a longtemps voyagé à travers les Etats-Unis. Un vrai « band » qui parcoure les routes dans un van et joue dans les villes et campagnes. Le groupe mixe le swing d’Amérique à la musique des Balkans.

Après quelques années à tourner à travers le pays, il sent l’envie de se poser : une petite maison, pour une vie tranquille avec sa femme.

Aujourd’hui, Jon est charpentier et continue de jouer pour son plaisir. Il écrit cette chanson Muddy River qui raconte l’histoire des lieux, d’un quotidien.

La rivière qui coule au fond du jardin, une vie agréable faite de pêche, du travail de la terre dans un « Southern Rythm of Music ».

Russel’s Cajun barbecue sauce

Voici Russel Hiltz. Il joue de l’harmonica depuis qu’il a dix ans. Sa passion pour la musique l’a amené à rencontrer de grandes figures de la scène Blues, Jazz, Cajun et Zydeco.

Notre rencontre s’est passée très rapidement. On a juste eu le temps de parler de musiciens comme Chuck Berry, Sonny Terry et Brownie McGee, …  Il a joué pour quelques premières parties de concert et pourtant sans jamais vraiment en faire sa profession.

Son business, c’est la sauce barbecue. A l’instar de JT dans le film « Planet Terror » de Robert Rodriguez, il a probablement découvert LA recette de la sauce barbecue qu’il garde bien pour lui.

Lors de notre rencontre, il emmène avec lui une feuille de papier sur laquelle est écrit quelques titres de Blues et Rockabilly. On choisit ensemble « Blue Suede Shoes » écrit et enregistré par Carl Perkins mais très vite reprise par Elvis Presley qui en a fait un grand classique de Rockabilly.

Un week-end à Lafayette, sans galerie.

Tout roule comme un dimanche. Il est 18h et nous sommes chez Hugh, notre hôte couchsurfing. C’est grâce à ces quelques minutes de repos que je me rends compte que le week-end a été chargé en découverte musicale.

Retour en arrière…

Comme chaque vendredi, la ville de Lafayette en Louisiane organise un concert gratuit en plein air. Les habitants ont apparemment pris goût à cet évènement. Chacun apporte sa propre chaise pliable. Je me dis que, si ce rendez-vous hebdomadaire avait lieu à Comines, j’en ferais, moi aussi, l’investissement.

 

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Notre soirée du vendredi s’oriente ensuite vers le bar-restaurant Pat’s. C’est là que nous faisons notre première rencontre avec la musique zydeco typique de Louisiane. Sur scène : un bassiste, un batteur, un guitariste, un gratteur de washboard et un accordéoniste-chanteur. Nous avons observé la même formation pour tous les concerts zydeco ce week-end-là.

Zydeco et cajun se côtoient sur le podium des musiques régionales.

Vous expliquer la différence qu’il existe entre ces deux types musicaux est une autre histoire. Certains locaux ne font même pas de distinction.

Les deux styles vont puiser leur origine d’une part chez les canadiens francophones descendus en Louisiane vers 1755 et d’autre part chez la population africaine descendante des esclaves du Sud. Mis à part la couleur de peau des musiciens, et ce n’est pas toujours le cas, le zydeco serait plus festif et dansant alors que la musique cajun se joue à un tempo plus lent et souvent de manière acoustique.

Le jour suivant nous a définitivement permis d’entrer plus en profondeur dans cette culture qui attisait notre curiosité.

Tous les samedis matin, le Café Des Amis accueille sa clientèle pour un brunch. Au menu : Bloody Mary (jus de tomate frais avec une lichette de vodka, olives et haricots.), beignets en tout genre (nous choisissons celui au boudin), bières locales, oeufs, … mais surtout, surtout, un groupe zydeco.

Il est 8h du matin lorsque les amplis passent sur « ON » , le café est déjà bondé. Terry & the Zydeco bad-boys commencent à peine leur première chanson que déjà, cinq couples ont pris place sur le dance floor. Ils seront rejoins quelques minutes plus tard par le reste des danseurs latents qui faisaient mine de rien, accoudés au bar en rondillant du pouce sur le zinc.

 

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Ici, une vidéo du groupe trouvée sur Youtube

Entre deux bouchées de boudin au beignet; ou était-ce le contraire? nous apercevons quelques visages familiés de la veille.

Les artistes chantent en français. Du moins, ici, on appelle cela du français. Il serait plus juste de le nommer créole. Lorsqu’on tend l’oreille, des mots compréhensibles se dégagent. Après un peu d’entraînement, on peut même comprendre de quoi ça cause : histoires d’amour et problèmes quotidiens. Un contenu pas toujours joyeux alors que, la musique l’est bien.

Il est 11h lorsque nous rejoignons le Café Joie de vivre. Le brunch nous a donné l’énergie suffisante pour parcourir les quelques mètres qui séparent les deux établissements.

Comme tous les samedis, le café organise une Jam session de musique cajun.

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Des dizaines de musiciens apprentis ou confirmés se partagent un espace dédié à la musique, le reste de la clientèle écoute.

Je reconnais l’accordéon diatonique typiquement cajun qu’on utilise aussi pour la musique zydeco. Le violon, la contre-bassine, une mandoline et la guitare sèche sont aussi de la partie.

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On y trouve des gens de tout âge. Un vieux monsieur nous fait la conversation en français tandis qu’une adolescente mène la danse avec son accordéon. Ces réunions régulières permettent de faire perdurer la culture musicale.

Il y a aussi cette jolie chanson dont le titre fait pourtant grincer nos oreilles : « Si je pourrais … » . Peu importe les règles, ici, ce ne sont pas les mêmes et nous sommes loin du continent souche.

Un peu plus tard dans l’après-midi, nous nous rendons à un festival cajun, sur un parking non loin de là. Bonsoir catin s’y produit. La musique s’est armée d’ampli cette fois-ci. Les danseurs ont fait leur réapparition et ne se font pas prier.

On écoute « Si je pourrais …  » une nouvelle fois, histoire de bien comprendre les paroles.

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Les cinq filles et leur batteur sur scène reprennent également « Baby please don’t go » version cajun, qui nous rappelle notre première vidéo à Bruxelles avec Olivier de Tram33.

Nous continuons notre périple avec toujours autant de zydeco et cajun music (restaurant Randol’s, Vermillon Ville, etc…). Désormais, nous avons passé l’étape du simple échange de regard avec les danseurs. On se reconnaît, on échange quelques phrases accompagnées d’une bonne poignée de main.

Nous terminons le week-end chez Hugh qui nous propose un morceau de musique cajun intitulé « Parting Waltz » de Wallace Cheese Read.

 

 

Hugh possède un vieille maison en cyprès dont il nous a ouvert les portes pour quelques jours. Il nous aura fait découvrir un autre Lafayette. Une ville en apparence endormie et au rue parfois désertes mais qui se réveille au son des guitares, violons et accordéons dans une ambiance chaleureuse.

Bangkok vue de l’ouest

Je me souviens des tous premiers jours passés dans la capitale thaï, il y a plus de trois ans maintenant. Bien avant notre projet de faire le tour de la terre, nous étions tombés amoureux d’une ville aux extrêmes qui ne donne pas de répit à l’observation.

Bangkok …, rien qu’à prononcer son nom, des odeurs nous reviennent, des couleurs de néons, des images de viandes exposées à même le sol, des sons d’une langue qu’on souhaiterait tellement baragouiner davantage.

Cette fois-ci, nous avons retrouvé « l’effervescente Asie » sur notre itinéraire après presque 6 mois de voyage. Nous ne sommes pas restés bien longtemps, juste assez pour découvrir le Blues Bar. Le groupe, The Vintagers, y jouait ce soir-là. Après une première rencontre, nous leur promettions de revenir 3 semaines plus tard pour les inclure au projet.

Entre temps, nous décidions de découvrir le Cambodge et le Laos. Ce n’est que deux mois plus tard que nous remettions les pieds dans ce café qui nous avait tant charmé.

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Nous étions à nouveau “chez nous”, car c’est un peu comme ça qu’on considère le quartier Theewet. Après avoir été des nomades pendant plus de 32 semaines, à voir chaque jours de nouvelles choses; se sentir un peu comme à la maison dans une ville que beaucoup considère comme un sacré foutoir, c’est une sorte de privilège.

Ce soir là, The Vintagers, mettait le feu.

Wim - The Vintagers (Thaïlande)

Whim – The Vintagers (Thaïlande)

“Yes, we were waiting for you guys…” 

 

Whim, Haroon, Poon et Volt nous ont fait voyager des Etats-Unis à l’Asie avec leur musique aux notes jazzy, aux influences blues, boogie-woogie et thaï. Une reprise qui pète de Muddy Waters “Got my Mojo working”, mais aussi leurs propres compositions : en thaï cette fois.

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Whim Jingjit – Guitar & Vocal / Haroon – Drum / Poon – Bass / Volt Jingjit – Violin

Le Blues Bar

Sans Mister Pong et son établissement, le blues perdrait l’un de ses repères. Chaque jour de la semaine a son artiste, le patron déganté offre l’opportunité au public local et quelques touristes de découvrir les artistes actuels, et pas des moindre.

« Nous jouons ici depuis un certain temps, on aime vraiment l’endroit. Sans Mister Pong (propriétaire), je pense que je n’aurais jamais commencé à jouer du blues. Il est notre professeur, notre mentor. Ici, il connecte les gens autour de la musique. En nous laissant jouer dans son bar, il nous a donné une chance. » 

Chaque mercredi soir The Vintagers se retrouvent ici.

Cette fois nous retrouvions des amis d’un soir. On s’étonne encore à quel point le voyage et notre projet nous permet d’ouvrir des portes.

Aujourd’hui ce que l’on sait c’est qu’on y retournera, sans doute un mercredi.

Interview - Wim (

Interview 

Whim nous raconte…

« The Vintagers c’est une histoire qui remonte à quelques années déjà, nous étions amis et musiciens. « 

« Notre musique trouve sa source dans le blues qui n’est pas juste un ensemble d’accords spécifiques. »

                    « Je pense que le blues c’est bien plus que ça, cette musique a une âme.« 

 

Etre musiciens en Thaïlande… 

 

« Notre vie de musiciens est plus ou moins rentable, mais notre premier objectif n’est pas de gagner de l’argent. On participe à pas mal d’événements et parfois quelques concerts de bienfaisance. « 

« On donne ce qu’on a : nos mains, nos pieds, notre musique, c’est ça qu’on aime dans notre métier. »

 

La musique en Thaïlande … 

 

« La musique en Thaïlande c’est comme partout, il y a plein de styles différents. Le roi occupe d’ailleurs une place importante dans le monde de la musique pour les thaï. On dit que c’est lui qui a apporté le Jazz et le Blues dans le pays. C’est un excellent musicien et compositeur, il a une grande influence. »

« D’apparence, la musique traditionnelle thaï peut paraître totalement différente d’un blues ou du rythm’n’blues des noirs américains, et pourtant…, 

ce que je trouve génial, c’est qu’on y retrouve les même thèmes. Les chansons populaires traditionnelles parlent de la difficulté quotidienne de la vie rurale, les champs, les cultures du riz, les amours du village, etc… Les gens chantent ce qu’ils connaissent. Ce qui n’est pas si différent du blues et d’autres musiques traditionnelles à travers le monde où l’on parle des mauvais coup du sort. »  

« Je pense que la musique en Thaïlande va mieux. Ce que j’aime c’est qu’il y a de moins en moins de copies. Beaucoup de musiciens tentent de trouver leur propre style…”