Un bout d’Argentine au Népal

Comme nous, Caro est arrivée à Pokhara par hasard. Nous logeons ensemble chez Eola, une américaine de 69 ans, dénichée sur le site internet couchsurfing. En quelques mots, couchsurfing.com est un site sur lequel s’inscrivent des personnes désireuses d’accueillir des étrangers pour une nuit ou plus. Nous sommes les étrangers et profitons des canapés, carpettes ou kingsize bed que nous offrent les hôtes bienveillants. Rien ne nous est demandé en échange. Bien sûr, le couchsurfing est plus qu’un lit, c’est une véritable rencontre, une découverte différente d’un pays, pour peu qu’on soit curieux, qu’on ait la fibre sociale et une petite maîtrise d’anglais.

Pokhara est une ville située à sept bonnes heures de bus ’tape cul’ de Kathmandu. La ville est la porte d’entrée des Annapurnas. C’est aussi un lieu connu pour sa vue imprenable sur les sommets de l’Himalaya, mais pour ça, il faut se lever vers 5h du matin lorsque la brume n’a pas encore recouvert les géants. De la fenêtre de notre chambre, on dirait de grosses pâtisseries. Celles qui nous manquent et auxquelles nous n’avons plus cédé depuis quatre mois.

IMG_1808

Caro, musicienne, voyage un peu partout depuis quelques années déjà. Elle a la chance d’avoir deux passeports, l’un argentin, l’autre allemand, qui lui permettent de visiter de nombreux pays sans encombre. Elle revient tout juste de l’Inde où elle a suivi un stage de yoga pour pouvoir enseigner.

Le jour de notre rencontre, nous échangeons nos expériences indiennes autour de cruches de mojito profitant allègrement de l’happy hour d’un restaurant.
Une fois que la soirée bat son plein, Caro nous propose un cours de yoga pour le lendemain matin. C’est donc vers 8h (bien entamée), pas tout à fait frais et pas tout à fait au complet, que nous nous installons sur le tapis.
Caro commence la séance par un chant d’ouverture. Elle laisse alors échapper sa voix sous la forme d’un long ‘Ôm’. S’en suit un court texte chanté en sanskrit. Nous n’en saisissons pas le moindre mot mais c’est très beau. La voix fraiche et douce de Caro fait le plus grand bien quand elle accompagne la première demi-heure du réveil.

Screen Shot 2014-06-16 at 10.50.06

Elle sera la deuxième et dernière artiste pour ce voyage au Népal. Certes, elle n’est pas népalaise et aucun groupe local ne figurera dans notre liste d’artistes du Népal mais Caro s’est trouvée sur notre route. Nous voulions partager cette rencontre. Elle représente ce qui nous arrive avec le voyage : La découverte de plusieurs pays en un. Ici, nous parlons d’itinéraires, de coutumes et de musique du monde.

Elle décide de nous interpréter sa version Doña ubenza du chanteur argentin Chacho Echenique. Elle parle de la vie d’une jeune fille pommée qui utilise la musique comme un exutoire.

 

Comme à notre habitude, nous prenons un peu de temps après la vidéo pour poser quelques questions à Caro.

Peux-tu nous expliquer ta manière de voyager ?
J’ai quitté l’Argentine il y a quatre ans maintenant. Je suis passée par l’Afrique où je suis restée trois ans puis j’ai enchaîné avec l’Inde six mois et je viens d’arriver au Népal. Je me dirige où bon me semble en suivant mes envies. J’aime néanmoins rester un certain temps dans un pays afin de m’en imprégner un maximum. Je voyage avec ma guitare, elle me tient compagnie et c’est un bon moyen de se faire des amis.

Depuis combien de temps chantes-tu ?
J’ai commencé très jeune. Je devais avoir neuf ans lorsque j’ai vraiment commencé à travailler mon chant. C’était en Argentine, d’abord à l’école avec des amis, puis dans une école de musique. Je vivais avec de la musique constamment autour de moi grâce à mon père qui est chef d’orchestre, puis, les nombreuses répétitions avec les amis ont fait que je me suis très rapidement sentie bien là-dedans.

Explique-nous comment se passe tes représentations ? Joues-tu dans la rue, dans les salles de concerts ?
Il y a énormément de musique de rue en Amérique du Sud. On peut en trouver un peu partout. J’ai commencé à voyager en me produisant sur les terrasses de restaurants. Je devais avoir vingt ans lorsque je suis partie vers le nord de l’Argentine, en Bolivie et au Pérou. Je me présentais aux patrons en leur proposant quelques chansons. Je voyageais avec des amis et je leur demandais généralement de venir mettre la première pièce dans le chapeau après une chanson (rires), c’est eux qui ouvraient la marche. Aujourd’hui, je joue encore de temps en temps dans des bars et parfois dans la rue. Ce sont deux choses totalement différentes. La rue est à tout le monde.
Du coup, ma guitare n’est pas qu’une bonne compagnie, elle m’apporte aussi un peu d’argent nécessaire pour mes voyages.

Que ressens-tu quand tu chantes? Quel plaisir éprouves-tu?
Je risque malheureusement de répondre comme une hippie mais, il m’arrive de tout oublier lorsque je chante :  mes problèmes, le stress d’une représentation, j’oublie même ma voix. Ce sont les moments où je me sens le plus à l’aise et lorsque le  public ressent cet état, tout est parfait! C’est pourquoi, parfois, lorsque je n’arrive pas à retrouver cette sensation, je m’arrête de chanter. Je fais une pause. Je ne peux plus chanter sans ressentir ce moment agréable.

 

Nous continuons à parler d’un voyage en autostop qu’elle a fait à vingt ans. Le sud de l’Amérique est sur notre parcours et nous y rajouterons certainement l’Argentine.

 

Le dernier soir de notre visite à Pokhara, Eola accueille un nouveau groupe de couchsurfer. L’un d’entre-eux est musicien. Une représentation improvisée prend place au rez-de-chaussée de la maison face à un public une fois de plus multicolore.

Jason OM

La dernière chanson de Caro est le chant d’ouverture de session de yoga arrangée par ses soins à la manière « Bossa nova » du Brésil. Le texte est chanté en sanskrit.

 Merci à Eola, Caro et Vinay (voisin du rez-de-chaussée indien qui nous a accueilli trois semaines chez lui.)

Une réflexion sur “Un bout d’Argentine au Népal

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Gravatar
Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s