Un week-end à Lafayette, sans galerie.

Tout roule comme un dimanche. Il est 18h et nous sommes chez Hugh, notre hôte couchsurfing. C’est grâce à ces quelques minutes de repos que je me rends compte que le week-end a été chargé en découverte musicale.

Retour en arrière…

Comme chaque vendredi, la ville de Lafayette en Louisiane organise un concert gratuit en plein air. Les habitants ont apparemment pris goût à cet évènement. Chacun apporte sa propre chaise pliable. Je me dis que, si ce rendez-vous hebdomadaire avait lieu à Comines, j’en ferais, moi aussi, l’investissement.

 

IMG_0403

 

Notre soirée du vendredi s’oriente ensuite vers le bar-restaurant Pat’s. C’est là que nous faisons notre première rencontre avec la musique zydeco typique de Louisiane. Sur scène : un bassiste, un batteur, un guitariste, un gratteur de washboard et un accordéoniste-chanteur. Nous avons observé la même formation pour tous les concerts zydeco ce week-end-là.

Zydeco et cajun se côtoient sur le podium des musiques régionales.

Vous expliquer la différence qu’il existe entre ces deux types musicaux est une autre histoire. Certains locaux ne font même pas de distinction.

Les deux styles vont puiser leur origine d’une part chez les canadiens francophones descendus en Louisiane vers 1755 et d’autre part chez la population africaine descendante des esclaves du Sud. Mis à part la couleur de peau des musiciens, et ce n’est pas toujours le cas, le zydeco serait plus festif et dansant alors que la musique cajun se joue à un tempo plus lent et souvent de manière acoustique.

Le jour suivant nous a définitivement permis d’entrer plus en profondeur dans cette culture qui attisait notre curiosité.

Tous les samedis matin, le Café Des Amis accueille sa clientèle pour un brunch. Au menu : Bloody Mary (jus de tomate frais avec une lichette de vodka, olives et haricots.), beignets en tout genre (nous choisissons celui au boudin), bières locales, oeufs, … mais surtout, surtout, un groupe zydeco.

Il est 8h du matin lorsque les amplis passent sur « ON » , le café est déjà bondé. Terry & the Zydeco bad-boys commencent à peine leur première chanson que déjà, cinq couples ont pris place sur le dance floor. Ils seront rejoins quelques minutes plus tard par le reste des danseurs latents qui faisaient mine de rien, accoudés au bar en rondillant du pouce sur le zinc.

 

IMG_5557  IMG_5525 IMG_5517

Ici, une vidéo du groupe trouvée sur Youtube

Entre deux bouchées de boudin au beignet; ou était-ce le contraire? nous apercevons quelques visages familiés de la veille.

Les artistes chantent en français. Du moins, ici, on appelle cela du français. Il serait plus juste de le nommer créole. Lorsqu’on tend l’oreille, des mots compréhensibles se dégagent. Après un peu d’entraînement, on peut même comprendre de quoi ça cause : histoires d’amour et problèmes quotidiens. Un contenu pas toujours joyeux alors que, la musique l’est bien.

Il est 11h lorsque nous rejoignons le Café Joie de vivre. Le brunch nous a donné l’énergie suffisante pour parcourir les quelques mètres qui séparent les deux établissements.

Comme tous les samedis, le café organise une Jam session de musique cajun.

IMG_5589 IMG_5591

Des dizaines de musiciens apprentis ou confirmés se partagent un espace dédié à la musique, le reste de la clientèle écoute.

Je reconnais l’accordéon diatonique typiquement cajun qu’on utilise aussi pour la musique zydeco. Le violon, la contre-bassine, une mandoline et la guitare sèche sont aussi de la partie.

      IMG_5708

On y trouve des gens de tout âge. Un vieux monsieur nous fait la conversation en français tandis qu’une adolescente mène la danse avec son accordéon. Ces réunions régulières permettent de faire perdurer la culture musicale.

Il y a aussi cette jolie chanson dont le titre fait pourtant grincer nos oreilles : « Si je pourrais … » . Peu importe les règles, ici, ce ne sont pas les mêmes et nous sommes loin du continent souche.

Un peu plus tard dans l’après-midi, nous nous rendons à un festival cajun, sur un parking non loin de là. Bonsoir catin s’y produit. La musique s’est armée d’ampli cette fois-ci. Les danseurs ont fait leur réapparition et ne se font pas prier.

On écoute « Si je pourrais …  » une nouvelle fois, histoire de bien comprendre les paroles.

IMG_5632

Les cinq filles et leur batteur sur scène reprennent également « Baby please don’t go » version cajun, qui nous rappelle notre première vidéo à Bruxelles avec Olivier de Tram33.

Nous continuons notre périple avec toujours autant de zydeco et cajun music (restaurant Randol’s, Vermillon Ville, etc…). Désormais, nous avons passé l’étape du simple échange de regard avec les danseurs. On se reconnaît, on échange quelques phrases accompagnées d’une bonne poignée de main.

Nous terminons le week-end chez Hugh qui nous propose un morceau de musique cajun intitulé « Parting Waltz » de Wallace Cheese Read.

 

 

Hugh possède un vieille maison en cyprès dont il nous a ouvert les portes pour quelques jours. Il nous aura fait découvrir un autre Lafayette. Une ville en apparence endormie et au rue parfois désertes mais qui se réveille au son des guitares, violons et accordéons dans une ambiance chaleureuse.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Gravatar
Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s