Une artiste à l’image du World Music Tour.

La rencontre avec Helen est le genre de coup du hasard que nous aimons. C’est une bonne soupe de frissons et de partages mélangés au décor magique de La Nouvelle Orléans.

Maintenant que nous sommes en Argentine, nous repensons à elle comme une musicienne totalement en phase avec le projet.

Pour un petit bout d’histoire … 

NOLA est bien connue pour le jazz traditionnel que mélomanes et amateurs viennent apprécier ici. Il trouve ses racines dans les cuivres et sonorités amenés directement d’Europe et qui rencontrent les rythmes des anciens esclaves noirs arrivés dans la région.

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Nos chemins se croisent pour la première fois dans l’arrière court du bar-concert “Bacchanal”.

Curieux, nous nous installons sur deux chaises en métal face à la scène. Helen monte son matériel : ampli, haut-parleur, une pédale de « loop », quelques micros et son violoncelle. “Femme-orchestre », elle joue et chante sur des pistes qu’elle enregistre en direct pour créer un ensemble tenu.

Un peu plus tard, elle nous ouvrira les portes de son salon pour nous donner accès à sa passion, ses anecdotes …

On se faufile en vélo entre les blocs du quartier artistique de NOLA. Cet endroit fut ravagé par l’ouragan Katrina. La ville a donc proposé à de jeunes artistes de retaper les baptises pour ensuite leur vendre à un prix très avantageux. C’est ainsi que, petit à petit le quartier a repris vie.

Helen nous accueille. Son intérieur est dédié à la musique : un piano à queue blanc, des vinyles, un violoncelle aux couleurs du Royaume-Unis…

Cette violoncelliste belgo-américaine nait à Leuven d’un papa belge et d’une maman de Chicago. A deux ans, elle quitte notre pays pour aller vivre à Singapur où ses parents l’encouragent à découvrir le monde au travers d’un instrument qu’elle choisi : le violoncelle, « aussi grand que moi ».

Voyageuse dès son plus jeune âge, elle parcourt déjà le globe.

 “Toute mon enfance je l’ai passée dans des avions pour visiter trois continents de famille…” 

À douze ans, elle part vivre à Chicago. Les notes lui permettent de rencontrer les bonnes personnes et créer un univers musical plus ouvert.

Plus tard, en arrivant à la Nouvelle Orléans pour poursuivre ses études, elle sort du cadre imposé par sa formation classique, trop de règles, pour des symphonies trop cadrées dans un système. Jazz et Punk à NOLA lui ouvrent des portes sur de nouvelles idées que de nombreux excentriques et artistes décalés ont déjà ouvertes. L’accueil est chaleureux. Tout comme celui qu’elle nous a réservé.

« Les marécages, sont partout, on sue, on a chaud, les gens sortent et se rencontrent dans les rues, ils partagent et viennent de tous horizons. »

Lorsqu’Helen rencontre Nancy Lash, son professeur de musique hindoustani, elle apprend à ressentir les notes et à improviser. À dix-neuf ans, la musique d’Inde du Nord lui permet d’ouvrir grand ses oreilles. Elle écoute tous les sons qui l’entourent et crée sa propre histoire…

“Aujourd’hui je joue sans être liée à une page. C’est un vrai cadeau. Je dois beaucoup à Nancy Lash!”

La musique hindoustani est très spirituelle. Elle fait lien entre la terre et notre spiritualité en passant par des chemins de notes basés sur l’improvisation. C’est une sorte de méditation qui débute en douceur. Helen nous décrit ces deux ans d’apprentissage. Son discours fait échos à celui de Mohan Khan, artiste rencontré à Jaisalmer. Lui aussi nous présentait une gamme de note, appelée raga, qu’il faut maitriser pour ensuite manipuler de façon spontanée.

Avec son talent d’impro, son goût pour le jazz, le punk et la musique du monde, sa personnalité musicale se façonne. Un peu de rock, un peu de funk et puis “Ce petit royaume” de Julos Baucarne – artiste belge et ami de la famille. Elle reprend quelques uns de ses textes qu’elle allie aux rythmes de NOLA ce qui, aujourd’hui , lui est caractéristique. Inspirée aussi de Brassens, elle reprend également les fables de La Fontaine. Avant de se dire aurevoir, elle nous confie ses futurs projets qui incluent une version remaniée de “Chef un petit verre on a soif” du Grand Jojo…

Elle ajoute : “et en plus, je suis belge dans tous ça …” 

Nous sommes toujours dans son salon. Elle termine en nous montrant sa collection de vinyles : Otis Redding, Bikini Kill, Fripp and Eno et l’album « SO » de Peter Gabriel. De tout, pour toutes ses humeurs.

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