Un boût d’Argentine au Népal

Comme nous, Caro est arrivée à Pokhara par hasard. Nous logeons ensemble chez Eola, une américaine de 69 ans, dénichée sur le site internet couchsurfing. En quelques mots, couchsurfing.com est un site sur lequel s’inscrivent des personnes désireuses d’accueillir des étrangers pour une nuit ou plus. Nous sommes les étrangers et profitons des canapés, carpettes ou kingsize bed que nous offrent les hôtes bienveillants. Rien ne nous est demandé en échange. Bien sûr, le couchsurfing est plus qu’un lit, c’est une véritable rencontre, une découverte différente d’un pays, pour peu qu’on soit curieux, qu’on ait la fibre sociale et une petite maîtrise d’anglais.

Pokhara est une ville située à sept bonnes heures de bus ’tape cul’ de Kathmandu. La ville est la porte d’entrée des Annapurnas. C’est aussi un lieu connu pour sa vue imprenable sur les sommets de l’Himalaya, mais pour ça, il faut se lever vers 5h du matin lorsque la brume n’a pas encore recouvert les géants. De la fenêtre de notre chambre, on dirait de grosses pâtisseries. Celles qui nous manquent et auxquelles nous n’avons plus cédé depuis quatre mois.

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Caro, musicienne, voyage un peu partout depuis quelques années déjà. Elle a la chance d’avoir deux passeports, l’un argentin, l’autre allemand, qui lui permettent de visiter de nombreux pays sans forcément devoir payer de visa. Elle revient tout juste de l’Inde où elle a suivi un stage de yoga pour pouvoir enseigner.

Le jour de notre rencontre, nous échangeons nos expériences indiennes autour de cruches de mojito profitant allègrement de l’happy hour d’un restaurant.
Une fois que la soirée bat son plein, Caro nous propose un cours de yoga pour le lendemain matin. C’est donc vers 8h (bien entamée), pas tout à fait frais et pas tout à fait au complet, que nous nous installons sur le tapis.
Caro commence la séance par un chant d’ouverture. Elle laisse alors échapper sa voix sous la forme d’un long ‘Ôm’. S’en suit un court texte chanté en sanskrit. Nous n’en saisissons pas le moindre mot mais c’est très beau. La voix fraiche et douce de Caro fait le plus grand bien quand elle accompagne la première demi-heure du réveil.

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Elle sera la deuxième et dernière artiste pour ce voyage au Népal. Certes, elle n’est pas népalaise et aucun groupe local ne figurera dans notre liste d’artistes du Népal mais Caro s’est trouvée sur notre route. Nous voulions partager cette rencontre. Elle représente ce qui nous arrive avec le voyage : La découverte de plusieurs pays en un. Ici, nous parlons d’itinéraires, de coutumes et de musique du monde.

Elle décide de nous interpréter une chanson de sa composition, en espagnol. Elle parle de la vie d’une jeune fille pommée qui utilise la musique comme un exutoire.

 

Comme à notre habitude, nous prenons un peu de temps après la vidéo pour poser quelques questions à Caro.

Peux-tu nous expliquer ta manière de voyager ?
J’ai quitté l’Argentine il y a quatre ans maintenant. Je suis passée par l’Afrique où je suis restée trois ans puis j’ai enchaîné avec l’Inde six mois et je viens d’arriver au Népal. Je me dirige où bon me semble en suivant mes envies. J’aime néanmoins rester un certain temps dans un pays afin de m’en imprégner un maximum. Je voyage avec ma guitare, elle me tient compagnie et c’est un bon moyen de se faire des amis.

Depuis combien de temps chantes-tu ?
J’ai commencé très jeune. Je devais avoir neuf ans lorsque j’ai vraiment commencé à travailler mon chant. C’était en Argentine, d’abord à l’école avec des amis, puis dans une école de musique. Je vivais avec de la musique constamment autour de moi grâce à mon père qui est chef d’orchestre, puis, les nombreuses répétitions avec les amis ont fait que je me suis très rapidement sentie bien là-dedans.

Explique-nous comment se passe tes représentations ? Joues-tu dans la rue, dans les salles de concerts ?
Il y a énormément de musique de rue en Amérique du Sud. On peut en trouver un peu partout. J’ai commencé à voyager en me produisant sur les terrasses de restaurants. Je devais avoir vingt ans lorsque je suis partie vers le nord de l’Argentine, en Bolivie et au Pérou. Je me présentais aux patrons en leur proposant quelques chansons. Je voyageais avec des amis et je leur demandais généralement de venir mettre la première pièce dans le chapeau après une chanson (rires), c’est eux qui ouvraient la marche. Aujourd’hui, je joue encore de temps en temps dans des bars et parfois dans la rue. Ce sont deux choses totalement différentes. La rue est à tout le monde.
Du coup, ma guitare n’est pas qu’une bonne compagnie, elle m’apporte aussi un peu d’argent nécessaire pour mes voyages.

Que ressens-tu quand tu chantes? Quel plaisir éprouves-tu?
Je risque malheureusement de répondre comme une hippie mais, il m’arrive de tout oublier lorsque je chante :  mes problèmes, le stress d’une représentation, j’oublie même ma voix. Ce sont les moments où je me sens le plus à l’aise et lorsque le  public ressent cet état, tout est parfait! C’est pourquoi, parfois, lorsque je n’arrive pas à retrouver cette sensation, je m’arrête de chanter. Je fais une pause. Je ne peux plus chanter sans ressentir ce moment agréable.

 

Nous continuons à parler d’un voyage en autostop qu’elle a fait à vingt ans. Le sud de l’Amérique est sur notre parcours et nous y rajouterons certainement l’Argentine.

 

Le dernier soir de notre visite à Pokhara, Eola accueille un nouveau groupe de couchsurfer. L’un d’entre-eux est musicien. Une représentation improvisée prend place au rez-de-chaussée de la maison face à un public une fois de plus multicolore.

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La dernière chanson de Caro est le chant d’ouverture de session de yoga arrangée par ses soins à la manière "Bossa nova" du Brésil. Le texte est chanté en sanskrit.

 Merci à Eola, Caro et Vinay (voisin du rez-de-chaussée indien qui nous a accueilli trois semaines chez lui.)

Dans les rues animées de Kathmandu

Kathmandu, ce nom de ville m’a toujours vendu du rêve. Mon esprit a souvent vu apparaitre des montagnes mais aussi les images des Triplettes de Belleville, ce film d’animation qui swing avec une bande originale interprétée par Matthieu Chedid rimant avec les mots “rendez-vous” et “Kathmandu”.

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Après avoir passé la frontière par voix terrestre, nous obtenons notre visa sans peine. Une quinzaine de minutes, une trentaine d’euros par personne et nous voilà “népalais” pour un mois.

Kakarbhitta est une ville de passage. On trouve rapidement la station de bus où des véhicules de toutes catégories attendent les voyageurs : direction Kathmandu où ailleurs…

Mini vans peu engageants, bus moyens colorés, Big bus et BIG BUS DELUXE du genre tout confort et pas tellement plus chers. Fatigués, nous optons pour l’un de ces derniers. La route risque d’être longue, 12 heures sur des pistes, parait-il, pas en bon état.

On ne se rappelle plus vraiment, on a du dormir, ce qui veut dire que ce n’était pas si terrible. A part l’eau, les cacahouètes gratuites et ce film d’amour un brin débile en hindi qui flotte dans nos mémoires, nous gardons le souvenir des paysages de fin de journée lorsque nous énumérions les différences qu’on rencontrait par rapport à l’Inde. Arrivés à Kathmandu les rabatteurs d’hôtels et taximen habituels nous sautent dessus. Nous agrippons le premier bus local qui s’arrête à peine, les laissant un peu déconfits derrière nous. Ils ont perdus leurs clients dans la cohue de la capitale.

Dans les rues de Thamel, le quartier touristique de Kathmandu, nous retrouvons une sorte de Pushkar (Cf. article Inde) dans le défilé de mode improvisé par les touristes et par la quantité de brols vendus dans la multitude d’échoppes. Seule différence ici, les contre-façons Northface, Quechua et Teva sont à l’honneur. Aux touristes stylés, viennent s’ajouter des voyageurs qui font partie d’une autre catégorie que celles rencontrée en Inde. Nous croisons en effet davantage de familles et trekkeurs venus s’attaquer à quelques sommets.

Nous trouvons alors une Guesthouse pas trop cher. Elle pue un peu, l’eau coule des étages et inondes les paliers faits de moquettes grises qui se gorgent d’eau. C’est sombre, la chambre sent la cigarette humide qu’on aurait réchauffée au micro-onde, pourtant, elle a ce petit "je-ne-sais-quoi" qui lui donne un certain charme; peut-être les draps propres où la salle de bain propre, trop propre pour une salle de bain commune…

A peine installés, nous nous rendons à la House of Music où nous retrouvons Laetitia, une expat’ cominoise (ville natale de Robin). C’est là que nous rencontrons Ooga Chaka, un groupe “belgo-serbe-marocain-hispano-français”, formant un orchestre des plus vivant, lancé dans un projet de voyage entre le Népal, Madagascar et la Colombie. Le groupe est formé de neuf jeunes partis à la rencontre des enfants et adolescents en situation difficile. Ils utilisent la musique comme un outil pédagogique visant le développement personnel de ces jeunes qui vivent dans des pays en voie de développement.

Ils partent demain. Pour leur dernier jour à Kathmandu la fête est là et nous aussi !

Nous avons rencontré la bande de joyeux lurons et échangé sur nos expériences. Eux parlent du Népal, nous de Madagascar. Ils projettent de s’installer quelques temps à Antsirabé à l’auberge de Chez Billy. C’est rigolo, nous y avons nous-même passé quelques temps.

On parle des artistes qu’on a filmés : Oladad, Jean-Emilien, Imiangaly et Rolf. Nous commentons nos projets respectifs et repérons nos points communs.  C’est toujours intéressant de rencontrer une équipe de voyageurs partis avec un projet en poche, plus que ça, avec une passion commune pour la musique. Tout comme nous, ils écrivent des cartes postales à ceux qui les soutiennent.

Vient ensuite pour eux le moment de jouer dans les rues afin d’attirer leur public jusqu’à la scènette de la House of Music. On leur emboîte le pas.

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Cette rencontre, après la longue route depuis le poste frontière, nous ranime. On apprécie cette ballade nocturne en rythme.

Quelques heures et nous voilà déjà avec des artistes dans la boîte.

Cette rencontre d’abord par sa totale spontanéité est différente des précédentes. Le côté imprévu apporte un nouveau dynamisme, des décors différents et une autre manière de s’organiser quant à la prise de vue. Tout va très vite dans nos esprits et on se laisse prendre par une motivation non-calculée.

La réalisation de la vidéo qu’on vous propose s’est organisée dans les rues et en mouvement. Nous avons suivi les musiciens caméra au point et enregistreur à la main, avançant à reculons dans les rues bondées et bruyantes de la capitale asiatique. Devant, de côté, derrière, on court pour les rattraper et les filmer encore au prochain tournant. On évite les passants, les étalages, les policiers, les tuk-tuk. Un bordel monstre, c’était top !

Dès le lendemain, ils partent continuer leur projet et nous le nôtre….

Les membres du groupe :

Damien – Trompette
Florentin – Trombone
Olga – Clarinette
Jonas – Cocktail Drum
Salma – Saxophone Ténor
Nicolas – Guitare
Olivier – Saxophone Bariton
Camille – Sousaphone
Ana – Percussions

Pour en apprendre davantage sur leur projet n’hésitez pas à consulter leur site internet : http://www.ooga-chaka.org/

Des nouvelles de Madagascar

 

Imiangaly et Rolf partagent avec nous des nouvelles vidéo maintenant disponibles sur Youtube. Quel plaisir d’avoir de leurs nouvelles et apprendre que ça roule de leur côté.

Voici un titre qui nous plait bien :

 

Darjeeling. Pas que du thé là-bas !

 

Après ces trente-deux heures de route en partant de Varanasi, après la traversée des somptueuses plaines du Gange, après la chaleur humide de Siliguri et cette nuit passée dans la gare à combattre les moustiques ; après ces visages indiens qu’on croit connaître et qui changent au fil des kilomètres ; après une longue route sinueuse qui n’en finit pas de monter, … après tout cela, nous atteignons Darjeeling. Difficile de croire qu’une si grande ville trône tel un Eldorado égaré sur ces montagnes aux pieds de l’Himalaya. Nous avons l’impression d’avoir quitté l’Inde pour un autre pays. D’abord, l’air y est beaucoup plus frais. Les traits des visages s’allongent, nous nous rapprochons du Népal et de la Chine. Enfin, on y parle le Népali, bien que l’Hindi demeure en grande partie.

Lorsque nous nous réveillons le deuxième jour pour une ballade matinale, nous découvrons des rues calmes qui montent, qui descendent, qui slaloment entre les pins puis qui atteignent les champs de thés au loin. D’où l’on se trouve, on dirait des prairies d’herbes vertes, paysages encore inconnus à notre voyage. Et puis, après le virage, juste derrière la maison bleue, apparaissent les montagnes enneigées de l’Himalaya. On se dit alors que toutes ces heures valaient le coup. Encore mieux, elles deviennent ici la distance mentale nécessaire dont nous avions besoin pour apprécier un tel changement.

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Dans le haut de la ville, nous descendons une ruelle en direction de la place Chowrasta. Sur la route, on y trouve toutes sortes de commerces. A droite, des morceaux de porcs s’exhibent à l’étalage du Pork Shop.  A gauche, on écaille des poissons. Juste à côté, des gens jouent à un jeu local qui s’apparente au billard mais avec des palets qui glissent sur une planche de bois.

Je pense que c’est notre première place en Inde. J’entends dans “place”, un lieu publique agréable où l’on passe du temps à regarder les passants . Il y a des bancs un peu partout où l’on vous propose du Chai (thé au lait). Et, grande surprise, pas une voiture, pas un seul engin motorisé. Nous sommes alors déstabilisés car nous avions développé une certaine aptitude à nous faufiler entre les voitures.

Il y a un air de montagne ici, quelques chalets en bois, on vend des écharpes et bonnets, des boissons chaudes, du chocolat, etc…

 

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Puis, comme d’hab’ nous nous mettons au travail. Un des garçons de la guest house qui joue de la guitare tous les après-midi nous raconte que son frère connaît beaucoup de musiciens à Darjeeling mais aussi un certain Shikker, propriétaire du Angel’s Studio, qui aurait enregistré une grande partie des musiciens des alentours. C’est comme ça que, très vite, nous obtenons notre premier rendez-vous avec le groupe Mantra. Ce groupe de Rock populaire est célèbre à Darjeeling mais aussi au Népal. Quelques semaines plus tard, on surprendra même plusieurs chauffeurs de bus à écouter les durant les trajets. Finalement, après les présentations, nous nous rendons compte ensemble que d’autres jeunes groupes de la ville ont certainement plus besoin d’une vidéo.

Shikker nous met alors en contact avec Head Motif. C’est un groupe de cinq jeunes : Putali Sarak, Anmol Lomjail, Ushang Bomzon, Vivian Moktan, Wangden Lepha. Ils sont étudiants ou jeunes diplômés. La bande arbore un penchant certain pour le rock et le métal.

 

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La veille de l’enregistrement, nous nous donnons rendez-vous au Angel’s studio. Après une bonne marche dans les rues en escaliers de Darjeeling, nous arrivons dans une petite maison encastrée entre deux autres. Nous sommes accueillis par la mère de Shikker et son chien blanc stupide qui aboie sur tout ce qui bouge. Le studio est étroit mais suffisamment grand pour enregistrer un groupe de 5, 6 musiciens. Un poster de Jimmy Hendrickx, un autre de Shikker tout jeune, pour les débuts de Angel’s studio, une peinture de John Lennon, une photo de Sai Baba (chef spirituel indien) sont accrochés au mur.

Shikker nous présente la musique qu’on écoute dans le coin en nous montrant quelques clips. Dans cette partie de l’Inde, le rock semble primer chez les jeunes. Niveau textes, il est souvent question d’un mec pommé qui rencontre par hasard la fille de ses rêves mais ça ne se passe généralement pas comme il l’imaginait… L’Inde que nous connaissons refait alors surface et nous repensons aux clips et films bollywoodiens qu’on nous passait en boucle dans les bus. On utilise à profusion couleurs flashy et transitions de type fondus étoilés dans ce que nous visionnons ce jour-là, bref pas exactement le type de vidéos que nous proposons. Quoiqu’il en soit, l’échange se fait et c’est à notre tour de montrer ce que nous avons enregistré tout au long de notre parcours.

 

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Nous découvrons alors des musiciens curieux (ce qui n’a pas toujours été le cas), nous échangeons sur notre voyage, on leurs parle de Madagascar, du reste de l’Inde, des artistes… C’est ce que nous voulions.

Ils décident de nos proposer leur chanson : “Flying High”

Interview :

Comment s’est créé le groupe Head Motif?
Nous nous sommes rencontrés à l’école il y a 8 ou 9 ans. Nous étions amis avant tout et passionnés de musique bien sûr.

Pourquoi avez-vous choisi de nous proposer cette chanson : “ Flying High”?
C’est notre premier single. Nous l’avons écrite ensemble, nous y sommes fort attachés car elle sera la première chanson de notre tout premier album sur lequel nous travaillons en ce moment avec Shikker, ce qui signifie beaucoup pour nous.

En Inde, est-il possible pour des jeunes comme vous de gagner suffisamment d’argent pour pouvoir vivre de votre passion?
Ça reste très difficile et peu probable, sauf si vous travaillez à Bollywood bien sûr (rires). Même si nous avons déjà un nom à Darjeeling, le peu de concerts payés nous permettent à peine d’investir dans un petit peu de matériel ou bien de payer les déplacements mais vraiment rien de plus.

Que pensez-vous de la musique indienne traditionnelle? Et comment vous placez-vous par rapport à celle-ci?
On peut trouver beaucoup de musiques traditionnelles dans les villages et c’est le mélange de celles-ci avec des styles plus contemporains qui peuvent donner quelque chose de très intéressant à nos yeux. Notre musique est basée sur quelque chose de plus internationale que nous arrangeons plus ou moins à notre sauce. Nous avons quelques chansons en népali par exemple. Nous sommes tous, je pense, fan de rock et métal comme Iron Maiden et Gun’s and roses, c’est de ces musiques que nous nous inspirons.

Pourquoi semble-t-il que dans cette partie de l’Inde vous soyez plus branchés rock?
Cette partie du pays garde davantage les restes de la colonisation britannique.  Le Nagaland (état à l’extrême nord-est de l’Inde), le West-bengal et le Sikkim (petit état au nord de Darjeeling) sont du coup, je pense, plus influencés par ce qui se fait en dehors des frontières. On trouve également beaucoup de rock au Népal. Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de groupes non-traditionnels se trouvent dans les grandes villes de l’Inde (Delhi, Bombay, Bangalore, …) sound system et reggae musique.

C’est la fin de notre parcours en Inde, on pourra dire que nos relations avec chaque artiste auront été différentes. Il n’est jamais facile de prévoir à l’avance ce qui subsistera d’une rencontre. Elles ont parfois été très courte. L’instant de l’enregistrement quelques mots échangés, un courant qui passe, des liens qui se créent plus ou moins forts…

Nous nous sommes parfois sentis comme de gens de passages sympas qui fournissent une vidéo gratuite et une visibilité. Mais le plus souvent, c’est plus que ça. C’est un réel échange, un intérêt mutuel. Comme ici, avec les membres de Head Motif et c’est ce qui nous amène à aimer ce qu’on fait.

 

Un artiste au centre d’une ville de contrastes

Pushkar, lieu sacré et chantant, où les touristes défilent plus stylés les uns que les autres…

Minis shorts et babas cool côtoient les indiennes en saris, les vaches et les vendeurs de chichons. Dans les rues où les commerces de fringues et de souvenirs s’entassent et tentent sans cesse de vous attraper au passage; c’est la chasse aux meilleures prix, à la plus belle paire de boucles d’oreilles.

Cette catégorie de touristes, plutôt débridée, viendrait des plages du Sud apparemment connues pour leurs cocktails, leurs plages, leur extravagance.

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Pushkar, malgré son statut de point de chute de ses masses d’étrangers, renferme encore des endroits apaisants où les locaux viennent faire leurs ablutions et prières au lac. Sur les gâths une atmosphère mystique règne, étrange et tranquille. Nous nous installons en campagne non loin de là.

Entre les fêtards et les adeptes de yoga, certains viennent aussi dans la ville pour faire leurs premiers pas entant que musiciens.  Ces voyageurs, on les retrouve partout en Inde. Beaucoup décident, curieux, de s’intéresser à la musique indienne, d’autres viennent régulièrement et certains passent plusieurs mois en Inde pour une formation de longue durée. Ils peuvent facilement trouver toute une série de professeurs indiens qui se proposent de vous initier à l’harmonium, aux tablas, à la sitar…

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Vini en plus d’être un musicien confirmé est le fondateur de la Krishna Music School. Le nom fait grandiose mais c’est en réalité dans une piécette sans prétention que nous l’avons rencontré. Au centre de la ville, un temple protégé dans la cohue environnante par une enceinte de murs, se tient, majestueux. Sur cette place, des notes approximatives se cachent derrière un rideau usé. Une élève israélienne s’exerce à l’harmonium.

Nous reconnaissons Vini, le chanteur du groupe Chokhi que nous avions apprécié quelques jours plus tôt sur la scène aménagée dans le cadre du Holi Festival. Très vite, l’artiste marque son intérêt pour le projet et accepte volontiers de faire partie des musiciens présentés par The World Music Tour.

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Nous montons sur les toits avec deux de ses compères, il souhaite nous faire découvrir une de ses compositions, son adaptation d’une ballade traditionnelle du Rajasthan.

C’est l’histoire d’une femme qui demande à son mari de lui ramener quantité de citrons de son voyage en ville. Nous repensons alors à William le rasta qui, dans une de ses chansons, demandait de ramener du lait, du rhum et de l’herbe si vous alliez faire un tour à la campagne.

Vini joue, avec ces mimiques rigolotes et ses sourires, accompagné par Laxminarayam sérieux avec ses mini-timbales et Goury, percussionnistes que nous croisons à nombreuses reprises dans les rue de Pushkar. Il transmet sa passion du Dolak.

Mohan Khan

En Inde, nous comprenons assez vite qu’il faudra se centrer sur notre projet, voir même le redéfinir, afin de ne pas partir dans tous les sens vu la diversité artistique passionnante du pays. Danses enivrantes et dévouées, chants et clips un peu kitchs à gogo, instruments en veux-tu en voilà,… Nous sommes un peu perdus au milieu de toutes ces disciplines aux noms étranges mais prenons du plaisir à manger goulument la culture épicée du Nord de l’Inde.

Il est intéressant de préciser ici, que chaque état possède ses propres instruments et tonalités, qu’il existe des castes de musiciens et que la musique est présente partout, avec chaque fois une mission bien définie. Dans les temples et autres lieux sacrées, elle rendra hommage à l’une ou l’autre divinité. A travers les générations, elle accomplira son devoir de mémoire. Ailleurs, elle fait danser les acteurs des films bollywoodiens.

Sur les routes de notre aventure, nous nous sommes concentrés sur le Rajasthan, cette région à la frontière du Pakistan. Nous étions partis curieux avec l’envie de découvrir la communauté Gypsis originaire de cet état. Une fois sur place, le contact fut facile à établir mais la réalité nous a vite rattrapés. En effet, nous sommes à Jasailmer, une des villes, sans doute, les plus touristique de la région. Aux portes du désert où aux portes de l’industrie du “Camel Safari” (tout dépend du point de vue), les artistes gypsis ont mis en place un business des plus rentables. On ne les blâme pas mais cette situation a rendu difficile l’exposition du projet qui est porté sur la rencontre et l’échange. Nous apparaissons comme des clients potentiels, ce qui est compréhensible, une odeur de fric flotte dans l’air. Nous repartons déçus de ne pas avoir pu convaincre. Après tout, ces danseurs, chanteurs et musiciens ne sont peut-être tout simplement pas intéressés par ce que nous avons à proposer. Nous acceptons.

Le projet évolue, se précise. Nous ne sommes ni musiciens, ni musicologues ; nous sommes avides de rencontres culturelles, intenses, qu’elles soient éphémères, spontanées ou de longue durée. Nous voulons découvrir un pays par ce biais considérant la musique comme liant, comme un langage, une note de couleur rythmant notre périple.

Et si nous pouvons, par la même occasion, fournir une vidéo aux musiciens concernés et ainsi leur laisser un petit quelque chose, une publicité, une mémoire en image, nous avons réussi cet échange.

C’est dans cette optique que nous avons rencontré Mohan Khan. Ancien élève d’Allah Ka Khan, fils de Zakir Hussein mondialement connu pour sa maîtrise des tablas, il nous propose de découvrir sa passion.

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Cet instrument typiquement indien est composé d’un petit tambour et d’une timbale. Fait de peau de chèvre ou buffalo, sur laquelle est fixé un mélange de fer et de farine sur le centre du tambour (partie noir que l’on voit), les tablas permettent une quantité considérable de tonalité.

Mohan est un maître en la matière, musicien confirmé et professeur, il nous a reçu chez lui. Au delà de la barrière de la langue, le contact passe. Quelques sourires, quelques traductions de Dominique son élève qui parle quelques mots d’hindi.

Il est à peu près 11h lorsque nous nous installons sur les toits surplombants le quartier de Mohan. On boit du Chaï, on discute. Jaisalmer, vue d’ici, est une bonne représentation de ce qu’a à nous proposer cet endroit.

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Le soleil est au zénith, il éblouit, cerne les visages et brûle le capteur de la caméra. Mohan nous fait migrer dans sa salle de répétition où l’on retrouve la fraicheur et la lumière que nous attendions. Il nous présente son instrument. Geraldine joue le jeu et essaie, elle s’avère être une élève assez brillante, dixit Mohan.

Après une petite demo de tabla, notre hôte souhaite partager une chanson Rajasthani classique, interprétée de manière traditionnelle. La famille s’invite à la répétition.

L’homme raconte l’histoire d’une voix puissante et nasillarde. Nous n’avons pas l’habitude d’une telle puissance dans cette catégorie musicale, tantôt impressionnante, tantôt agressive aux tympans. Malgré cela, nous sommes conquis par le moment présent. Cette famille qui nous accueille sans qu’on ai été annoncés.

On partage avec vous…

Un peu plus tard, dans la soirée, Mohan, Dominique et deux amis nous proposent une chanson folklorique également typique.

Chant folklorique

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Rolf et Imiangaly, un coup de coeur à Madagascar

C’est au Tana Arts Café, lors de nos premiers pas dans la capitale, à l’aube de notre périple, que nous avions été conquis par cette voix jazzy sortant d’une stéréo grésillante.

Bien plus tard, c’est un jeune couple bien assorti tant au niveau capillaire que musical qui nous a ouvert les portes de leur maison en toute simplicité. Curieux face au projet et toujours partant pour une nouvelle rencontre, ils nous ont accueillis.
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Autour d’un verre, Rolf nous raconte qu’il y a 7 ans, il a trouvé la choriste tant espérée ainsi qu’une femme splendide pour partager sa vie. Avec déjà une longue carrière derrière lui et quelques titres populaires à son actif, il joue aujourd’hui en osmose avec son instrument. Sa basse, maîtrisée, apparait comme le prolongement des ses membres, une part entière de sa personnalité. Derrière une apparence très Rock’n’Roll, on découvre un gars ouvert et bourré d’humour.
Imiangaly qui a commencé la musique du haut de ses 17 ans en intégrant une chorale. Elle s’imprègne de musiques malgaches, des classiques d’opérettes et s’écoute les Grands du jazz. Son quotidien : un large panel de variantes blues et « du bon Funk ». Souriante et chaleureuse cette jeune maman a tout pour plaire.
Ajoutons que ces deux artistes complémentaires travaillent également de façon indépendante. Quand Rolf fait des concerts avec le groupe VOOTS et travaille sur ses nouvelles compositions, Imiangaly réalise son premier album solo que nous allons suivre de près.
Ils prennent plaisir à partager leur musique à qui veut bien l’entendre et pourquoi pas, faire connaître la culture musicale de la Grande île aux gens du bout du monde.
Sans prétention, ici on improvise, on rit, on partage. Cette spontanéité donne un goût tout particulier à leur musique, reflet de leur générosité.

Jean-Emilien

Madagascar dans son bordel et son mode d’emploi nous permet de rencontrer assez facilement des artistes. Ce qui nous surprend, c’est leur accessibilité et leur simplicité, leur envie de partager ce qui les passionne : leur musique, leur culture.

Jean-Emilien est « l’homme orchestre » champion du monde d’harmonica. Son nom nous était parvenu lorsque nous nous trouvions encore à Fianar (une fois de plus vous allez dire). Faute de temps, nous avions, à contre-coeur, renoncé à nous lancer à la recherche de cet harmoniciste apparemment talentueux.

Après une longue route en train Fianarantsao-Manakara, que nous conseillons à tous les routards désireux de côtoyer la nature luxuriante qu’offre Mada, nous recherchons la pizzeria tenue par Gregor et sa femme. Gregor est l’ancien violoniste du groupe breton « Manau » – bonne adresse pour repartir sur de nouvelles rencontres musicales et aussi s’en mettre plein la panse, il faut l’avouer.

A table, nous surprenons Gregor, du coin de l’oeil, qui installe une scène. A l’affiche : Jean-Emilien. Nous n’hésitons plus une seconde : une poignée de main, une bière et un rendez-vous pour l’enregistrement du lendemain.

Ce soir-là, Jean-Emilien a mis le feu au parquet de la petite scène improvisée du « Kaméléon ». Cabosse (guitare traditionnelle malgache) électrique, harmonica, sa voix et puis surtout ses pieds qui frappent les planches au rythme de sa musique typiquement malgache. On comprend la réputation « d’homme orchestre » qu’il s’est faite. Le lendemain, il nous donne rendez-vous dans un lieu sacré de Manakara, à l’embouchure de l’océan Indien et du canal des Pangalanes. Il arrive à vélo avec, sur son dos, sa cabosse acoustique et son harmonica.

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Jean-Emilien est un artiste de renom, le seul que nous avons rencontré qui s’exporte. Le seul, donc, qui pourrait prétendre gagner sa vie de par son métier, et pourtant… Nous apprenons, à nouveau, qu’être musicien, ici, est compliqué. Il faut faire face à une concurrence directement sortie d’internet ou « CanalSat. ». Les tubes qui passent en boucle à la télévision sont les mêmes dans le monde entier. Nous avons du « Bella » ou du Miley Cirus qui nous martèlent le cerveau à longueur de journée.

Jean-Emilien déplore la disparition des musiques traditionnelles « malagasy ». Originaire de Talata (village Betsileo), il voit d’année en année la musique de ses ancêtres dépérir. « Internet influence et dégrade le patrimoine culturel malgache ». L’homme orchestre se bât à coup de chant, de contacts, de rencontres, d’interviews, toutes les armes sont bonnes pour transmettre son message.

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Jean-Emilien a commencé l’harmonica à l’âge de 5 ans. Lors de la fête de l’indépendance, un concert est organisé à l’école de Talata. Ce jour-là, le jeune garçon remplacera l’accordéoniste du groupe avec son harmonica. Il est rapidement repéré par le maire du village qui lui propose de l’aider dans son apprentissage. Vers 17 ans, il commence à mélanger cabosse  et harmonica. En 1983, il fait un de ses tout premiers concerts à la salle des fêtes de Tananarive.

« Il y avait tellement de monde que je fermais les yeux en jouant, par timidité. Lorsque, tout à coup, j’ai pris un projectile en pleine tête. J’ai ouvert les yeux. Il s’agissait en fait d’une chaussette remplie de monnaie. C’est là que j’ai compris que ça pourrait fonctionner ».

En 1989, Jean-Emilien quitte Madagascar pour Paris. Il est repéré par le producteur de la maison de disques Celluloide qui va démarcher pour le faire tourner un maximum.

Jean-Emilien nous explique ses expériences à l’étranger. Notamment à Paris-bercy, pour une première partie de Carlos Santana en 1992 ;  à Bruxelles, au festival Couleur Café, ou encore aux Francopholies de Montréal ;  avec Bernard Lavillier, etc.

Pour ceux qui ne parlent pas malgache, cette composition s’intitule « Pensée pour l’avenir ». Elle traite de la préservation de la nature, pas toujours correctement respectée sur l’île. On observe, en effet, de gros problèmes de déboisement. Pour les détails, allez jeter un oeil sur Ushuaia Tv, Nicolas Hulot se fait un plaisir d’expliquer les problèmes environnementaux de la Grande île.

Jean-Emilien prend position dans pas mal de ses chansons. Dans une autre qu’il nous présente ce jour-là, il traite de la condition sociale et de l’énorme fracture qui s’est créée ici à Madagascar, surtout ses dernières années avec les problèmes gouvernementaux du pays.

Finalement, Jean-Emilien nous confie que ce qui lui plait dans la musique, c’est son mélange d’influences, de sonorités, « comme un bon plat malgache avec des ingrédients provenant de toute l’île et donnant un truc, …  très bon ».

Oladad

Dès notre arrivée à Madagascar, nous découvrons la richesse musicale de la grande île. Dina, notre hôte couchsurfing, nous a ouvert les portes de sa maison et partage avec nous la musique de son pays; des vidéos youtube, des clips un peu kitsch, du métal malgache et quelques unes de ses compositions. Durant ce rapide survole gourmand de la musique malgache, un groupe retient notre attention. Venu des hauts plateaux, région des peuples "betsileo", Oladad est un groupe connu et apprécié dans le pays.

L’air d’une chanson au titre imprononçable flotte dans nos mémoires.

Une semaine plus tard, nous sommes à Fianarantsao, cette ville culturelle où nous avions rencontré William le rasta. Toujours attablé au bar de "Chez Dom", nous apprenons qu’Oladad répète ici; la majorité des membres du groupe traînent dans les parages.

Sans attente illusoire, nous appelons Evans, l’un des fondateurs et rappeurs du groupe.

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Nous arrivons alors enchantés dans leur studio, pour assister à l’une de leurs répétitions. Tenu par Narcisse, un loubard rieur et Johan "le belge", cet espace délavé, étroit et sombre accueille les neuf membres du groupe disponible pour travailler ensemble.

On se faufile entre le vieux matos son importé d’Allemagne. Une ambiance familiale et décontractée transforme ce lieu et nous emmène.

"Afindrafindrao", ce fameux morceau qui nous avait conquis, est révélateur d’une démarche innovante et efficace.
A Madagascar, 18 ethnies possèdent des caractéristiques musicales bien spécifiques à leur région. Les Betsileos tout comme les autres peuples perdent malheureusement de leur musique traditionnelle, là où les nouvelles générations sont emportées par la ‘vibe’ des musiques contemporaines. Les sonorités ancestrales s’endorment, impopulaires.

"Afindrafindrao" est un de ces tubes des vieux de la vieille, traditionnellement proposé aux mariages, anniversaires et autres événements telle une ouverture de bal. Impossible d’envisager danser sans que votre hôte vous y ait, au préalable invité par ce biais. Cependant, un peu poussiéreuse, cette chanson trainait au placard.

Evans nous confie son attachement à ces traditions et son désir de conservation. C’est en alliant le rythme hip-hop et tendances actuelles aux sonorités traditionnelles qu’ils créent le DOMBE un nouveau style dans le désir de toucher les ruraux et les citadins avec ce qu’ils apprécient, tout en leur faisant découvrir autre chose. Le plus bel exemple de cet alliage est bien "Afindrafindrao" qui prend dès lors un sacré coup de jeune.

Leur version d’"Afindrafindrao" proposée par les rappeurs stylés Evans et Lova et les chanteurs Kids, Dadalo et Tsiri fait l’unanimité et forge la notoriété du groupe.

Oladad touche aujourd’hui un public large et hétéroclite créant ainsi un lien intergénérationnel ambitieux.

Oladad a été crée en 2006 et s’enrichit chaque année. On compte aujourd’hui 14 membres à cette famille atypique. Deux rappeurs, trois chanteurs, six musiciens dont un batteur, un guitariste, un accordéoniste, un violoniste, un bassiste, un percussionniste ainsi que trois danseurs.

Nous avons cependant appris que la réalité à Madagascar pour les artistes, peu importe leurs talents et notoriété, est tout autre que celle que nous connaissons. Difficile, voire impossible de concevoir vivre de sa musique. Chacun ici travaille pour gagner son pain entre quelques notes. Ils sont guides, exploitants miniers, magasiniers,…

Tous participent selon ses moyens afin d’avoir accès au studio et ainsi, évoluer dans leur passion.

Nous retenons leur accessibilité et nos pieds qui dansent en plus de leur talent.

On leur souhaite aujourd’hui une belle carrière musicale.

Merci à eux.

Les aléas du voyage

Bonjour à tous, Aujourd’hui nous sommes tristes de vous annoncer qu’il faudra s’armer de patience en ce qui concerne la découverte de nouveaux artistes. En effet, nous avons quelques petits problèmes de matériel. Nous gardons toute notre motivation et l’aventure continue… A très bientôt, Geraldine et Robin