L’île Maurice, la fameuse !

Cette destination exotique, et totalement imprévue dans notre itinéraire, renferme aujourd’hui certains des plus beaux souvenirs de notre périple.

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Dans l’optique de fuir la capitale malgache épuisante pour faire notre visa indien, nous avons rêvé à ces destinations paradisiaques que nous ne connaissions finalement que très peu.

Pour quelques euro de plus, nous nous sommes envolés vers l’île Maurice afin de recharger les batteries avant de rejoindre l’Inde.

Arrivés sur ce bout de terre lilliputien, nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre. Nous imaginions bien sûr cette industrie du « Resort de luxe », des « chirurgies esthétiques » et des « Honey Moon”.

Quelques jours en couchsurfing au programme pour régler notre paperasse et Hop ! nous serions prêts pour notre prochaine destination afin de continuer notre quête musicale.

L’immigration n’a pas vraiment rigolé en nous voyant débarquer sur leur territoire, sans hôtel, sans ticket de retour et surtout sans preuve de possession d’argent.

“Mademoiselle, vous êtes étudiante, vous ne gagner donc pas d’argent, qu’est ce qui me prouve que… et blablabla »

Nous avons finalement réussi à la convaincre de nos intentions pour, non sans un petit stress, réussir à passer les frontières sans obligation d’achat de billet de sortie. En effet, il est normalement obligatoire d’acheter un aller-retour.

Nous sommes alors arrivés chez Johan, cet espagnol venu de Chine pour s’installer à Maurice qui a accepté de nous héberger. Une rencontre totalement délirante qui nous a fait rester plus de quatre fois le temps initialement prévu.

C’est pour dire, … nous sommes devenu amis.

En 19 jours nous avons :

– fait le tour de l’île passant des plantations de thé et cannes à sucre aux plages magnifiques pour finir face à des paysages époustouflants propre à l’océan indien

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– fait du camping sauvage en buvant du rhum, typique de la région

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– acheté le petit prince en créole
– rencontré une partie des gays les plus sympas de l’île
– bu la « ti la bière »
– mangé du croco grillé, hmmm

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– peint un mur en rouge

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– inondé l’appartement de notre hôte par 5 cm d’eau, facile !
– rencontré des hamster plutôt fun

-reçu une jolie villa à prêter! Tout grand Merci à Marie Lourde et sa soeur !

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– eu « Sa métisse la”, la chanson du groupe Zulu, en tête chaque jour.

D’ailleurs là voici, cette chanson qui nous à fait voyager et qui représente bien le métissage extraordinaire qu’on retrouve sur l’île. Cette cohabitation pacifiste de toutes les religions du monde aux accents créoles nous a conquise…

En plus de ce coup de coeur mauricien, il serait dommage de ne pas glisser un mot sur le séga indissociable au pays. Partout sur l’île, vous pourrez entendre ces rythmes dansant, voir les fesses des uns, des autres se balancer frénétiquement.

Le séga c’est un style musical typique des îles créoles de l’océan indien. Il trouve ses origines chez les esclaves africains amenés sur les territoires colonisés, qui emmenèrent avec eux les instruments et rythmes de leur pays. Petit à petit, viennent s’ajouter les airs festifs des colons français du XIXème pour donner lieu au séga qu’on connait aujourd’hui. Autant que les populations mauriciennes, la musique y est métissée avec des touches exotiques qui prennent différents visages, tantôt celui du reggae, tantôt celui du rap et du hip-hop.

Un grand nom de musicien à Maurice est Kaya. Connu pour sa musique, un mélange de séga et reggae, qu’on a fini par appeler seggea.  Kaya a malheureusement fini ses jours en prison, devenant ainsi l’icône du reggae mauricien.

Ensuite, un morceau de séga qui fera vibrer vos tympans d’une manière familière est “d’ambalaba” de Maxime le Forestier reprise de Claudio Veeraragoo

Par ailleurs, nous voulions vous parler de ce groupe “Patyatann” qui devait normalement faire partie de l’aventure The World Music Tour ce qui n’a malheureusement pas été réalisable; rien ne nous empêche de vous en parler, voici d’ailleurs une de leurs vidéos (dont nous ne sommes pas les auteurs) qui vous permettra de découvrir le groupe :

Enfin, parmis nos rencontres, Yasin journaliste et bloggeur tranchant, personnage exubérant et attachant, nous a offert une, que dis-je, deux places dans la presse locale. Merci !

Pour continuer sur notre lancée comment ne pas remercier Johan pour son accueil, sans qui notre voyage n’aurai pas été autant mémorable !

Des nouvelles de Madagascar

 

Imiangaly et Rolf partagent avec nous des nouvelles vidéo maintenant disponibles sur Youtube. Quel plaisir d’avoir de leurs nouvelles et apprendre que ça roule de leur côté.

Voici un titre qui nous plait bien :

 

Rolf et Imiangaly, un coup de coeur à Madagascar

C’est au Tana Arts Café, lors de nos premiers pas dans la capitale, à l’aube de notre périple, que nous avions été conquis par cette voix jazzy sortant d’une stéréo grésillante.

Bien plus tard, c’est un jeune couple bien assorti tant au niveau capillaire que musical qui nous a ouvert les portes de leur maison en toute simplicité. Curieux face au projet et toujours partant pour une nouvelle rencontre, ils nous ont accueillis.
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Autour d’un verre, Rolf nous raconte qu’il y a 7 ans, il a trouvé la choriste tant espérée ainsi qu’une femme splendide pour partager sa vie. Avec déjà une longue carrière derrière lui et quelques titres populaires à son actif, il joue aujourd’hui en osmose avec son instrument. Sa basse, maîtrisée, apparait comme le prolongement des ses membres, une part entière de sa personnalité. Derrière une apparence très Rock’n’Roll, on découvre un gars ouvert et bourré d’humour.
Imiangaly qui a commencé la musique du haut de ses 17 ans en intégrant une chorale. Elle s’imprègne de musiques malgaches, des classiques d’opérettes et s’écoute les Grands du jazz. Son quotidien : un large panel de variantes blues et « du bon Funk ». Souriante et chaleureuse cette jeune maman a tout pour plaire.
Ajoutons que ces deux artistes complémentaires travaillent également de façon indépendante. Quand Rolf fait des concerts avec le groupe VOOTS et travaille sur ses nouvelles compositions, Imiangaly réalise son premier album solo que nous allons suivre de près.
Ils prennent plaisir à partager leur musique à qui veut bien l’entendre et pourquoi pas, faire connaître la culture musicale de la Grande île aux gens du bout du monde.
Sans prétention, ici on improvise, on rit, on partage. Cette spontanéité donne un goût tout particulier à leur musique, reflet de leur générosité.

Jean-Emilien

Madagascar dans son bordel et son mode d’emploi nous permet de rencontrer assez facilement des artistes. Ce qui nous surprend, c’est leur accessibilité et leur simplicité, leur envie de partager ce qui les passionne : leur musique, leur culture.

Jean-Emilien est « l’homme orchestre » champion du monde d’harmonica. Son nom nous était parvenu lorsque nous nous trouvions encore à Fianar (une fois de plus vous allez dire). Faute de temps, nous avions, à contre-coeur, renoncé à nous lancer à la recherche de cet harmoniciste apparemment talentueux.

Après une longue route en train Fianarantsao-Manakara, que nous conseillons à tous les routards désireux de côtoyer la nature luxuriante qu’offre Mada, nous recherchons la pizzeria tenue par Gregor et sa femme. Gregor est l’ancien violoniste du groupe breton « Manau » – bonne adresse pour repartir sur de nouvelles rencontres musicales et aussi s’en mettre plein la panse, il faut l’avouer.

A table, nous surprenons Gregor, du coin de l’oeil, qui installe une scène. A l’affiche : Jean-Emilien. Nous n’hésitons plus une seconde : une poignée de main, une bière et un rendez-vous pour l’enregistrement du lendemain.

Ce soir-là, Jean-Emilien a mis le feu au parquet de la petite scène improvisée du « Kaméléon ». Cabosse (guitare traditionnelle malgache) électrique, harmonica, sa voix et puis surtout ses pieds qui frappent les planches au rythme de sa musique typiquement malgache. On comprend la réputation « d’homme orchestre » qu’il s’est faite. Le lendemain, il nous donne rendez-vous dans un lieu sacré de Manakara, à l’embouchure de l’océan Indien et du canal des Pangalanes. Il arrive à vélo avec, sur son dos, sa cabosse acoustique et son harmonica.

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Jean-Emilien est un artiste de renom, le seul que nous avons rencontré qui s’exporte. Le seul, donc, qui pourrait prétendre gagner sa vie de par son métier, et pourtant… Nous apprenons, à nouveau, qu’être musicien, ici, est compliqué. Il faut faire face à une concurrence directement sortie d’internet ou « CanalSat. ». Les tubes qui passent en boucle à la télévision sont les mêmes dans le monde entier. Nous avons du « Bella » ou du Miley Cirus qui nous martèlent le cerveau à longueur de journée.

Jean-Emilien déplore la disparition des musiques traditionnelles « malagasy ». Originaire de Talata (village Betsileo), il voit d’année en année la musique de ses ancêtres dépérir. « Internet influence et dégrade le patrimoine culturel malgache ». L’homme orchestre se bât à coup de chant, de contacts, de rencontres, d’interviews, toutes les armes sont bonnes pour transmettre son message.

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Jean-Emilien a commencé l’harmonica à l’âge de 5 ans. Lors de la fête de l’indépendance, un concert est organisé à l’école de Talata. Ce jour-là, le jeune garçon remplacera l’accordéoniste du groupe avec son harmonica. Il est rapidement repéré par le maire du village qui lui propose de l’aider dans son apprentissage. Vers 17 ans, il commence à mélanger cabosse  et harmonica. En 1983, il fait un de ses tout premiers concerts à la salle des fêtes de Tananarive.

« Il y avait tellement de monde que je fermais les yeux en jouant, par timidité. Lorsque, tout à coup, j’ai pris un projectile en pleine tête. J’ai ouvert les yeux. Il s’agissait en fait d’une chaussette remplie de monnaie. C’est là que j’ai compris que ça pourrait fonctionner ».

En 1989, Jean-Emilien quitte Madagascar pour Paris. Il est repéré par le producteur de la maison de disques Celluloide qui va démarcher pour le faire tourner un maximum.

Jean-Emilien nous explique ses expériences à l’étranger. Notamment à Paris-bercy, pour une première partie de Carlos Santana en 1992 ;  à Bruxelles, au festival Couleur Café, ou encore aux Francopholies de Montréal ;  avec Bernard Lavillier, etc.

Pour ceux qui ne parlent pas malgache, cette composition s’intitule « Pensée pour l’avenir ». Elle traite de la préservation de la nature, pas toujours correctement respectée sur l’île. On observe, en effet, de gros problèmes de déboisement. Pour les détails, allez jeter un oeil sur Ushuaia Tv, Nicolas Hulot se fait un plaisir d’expliquer les problèmes environnementaux de la Grande île.

Jean-Emilien prend position dans pas mal de ses chansons. Dans une autre qu’il nous présente ce jour-là, il traite de la condition sociale et de l’énorme fracture qui s’est créée ici à Madagascar, surtout ses dernières années avec les problèmes gouvernementaux du pays.

Finalement, Jean-Emilien nous confie que ce qui lui plait dans la musique, c’est son mélange d’influences, de sonorités, « comme un bon plat malgache avec des ingrédients provenant de toute l’île et donnant un truc, …  très bon ».

Oladad

Dès notre arrivée à Madagascar, nous découvrons la richesse musicale de la grande île. Dina, notre hôte couchsurfing, nous a ouvert les portes de sa maison et partage avec nous la musique de son pays; des vidéos youtube, des clips un peu kitsch, du métal malgache et quelques unes de ses compositions. Durant ce rapide survole gourmand de la musique malgache, un groupe retient notre attention. Venu des hauts plateaux, région des peuples « betsileo », Oladad est un groupe connu et apprécié dans le pays.

L’air d’une chanson au titre imprononçable flotte dans nos mémoires.

Une semaine plus tard, nous sommes à Fianarantsao, cette ville culturelle où nous avions rencontré William le rasta. Toujours attablé au bar de « Chez Dom », nous apprenons qu’Oladad répète ici; la majorité des membres du groupe traînent dans les parages.

Sans attente illusoire, nous appelons Evans, l’un des fondateurs et rappeurs du groupe.

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Nous arrivons alors enchantés dans leur studio, pour assister à l’une de leurs répétitions. Tenu par Narcisse, un loubard rieur et Johan « le belge », cet espace délavé, étroit et sombre accueille les neuf membres du groupe disponible pour travailler ensemble.

On se faufile entre le vieux matos son importé d’Allemagne. Une ambiance familiale et décontractée transforme ce lieu et nous emmène.

« Afindrafindrao », ce fameux morceau qui nous avait conquis, est révélateur d’une démarche innovante et efficace.
A Madagascar, 18 ethnies possèdent des caractéristiques musicales bien spécifiques à leur région. Les Betsileos tout comme les autres peuples perdent malheureusement de leur musique traditionnelle, là où les nouvelles générations sont emportées par la ‘vibe’ des musiques contemporaines. Les sonorités ancestrales s’endorment, impopulaires.

« Afindrafindrao » est un de ces tubes des vieux de la vieille, traditionnellement proposé aux mariages, anniversaires et autres événements telle une ouverture de bal. Impossible d’envisager danser sans que votre hôte vous y ait, au préalable invité par ce biais. Cependant, un peu poussiéreuse, cette chanson trainait au placard.

Evans nous confie son attachement à ces traditions et son désir de conservation. C’est en alliant le rythme hip-hop et tendances actuelles aux sonorités traditionnelles qu’ils créent le DOMBE un nouveau style dans le désir de toucher les ruraux et les citadins avec ce qu’ils apprécient, tout en leur faisant découvrir autre chose. Le plus bel exemple de cet alliage est bien « Afindrafindrao » qui prend dès lors un sacré coup de jeune.

Leur version d' »Afindrafindrao » proposée par les rappeurs stylés Evans et Lova et les chanteurs Kids, Dadalo et Tsiri fait l’unanimité et forge la notoriété du groupe.

Oladad touche aujourd’hui un public large et hétéroclite créant ainsi un lien intergénérationnel ambitieux.

Oladad a été crée en 2006 et s’enrichit chaque année. On compte aujourd’hui 14 membres à cette famille atypique. Deux rappeurs, trois chanteurs, six musiciens dont un batteur, un guitariste, un accordéoniste, un violoniste, un bassiste, un percussionniste ainsi que trois danseurs.

Nous avons cependant appris que la réalité à Madagascar pour les artistes, peu importe leurs talents et notoriété, est tout autre que celle que nous connaissons. Difficile, voire impossible de concevoir vivre de sa musique. Chacun ici travaille pour gagner son pain entre quelques notes. Ils sont guides, exploitants miniers, magasiniers,…

Tous participent selon ses moyens afin d’avoir accès au studio et ainsi, évoluer dans leur passion.

Nous retenons leur accessibilité et nos pieds qui dansent en plus de leur talent.

On leur souhaite aujourd’hui une belle carrière musicale.

Merci à eux.

Les aléas du voyage

Bonjour à tous, Aujourd’hui nous sommes tristes de vous annoncer qu’il faudra s’armer de patience en ce qui concerne la découverte de nouveaux artistes. En effet, nous avons quelques petits problèmes de matériel. Nous gardons toute notre motivation et l’aventure continue… A très bientôt, Geraldine et Robin

William le rasta

A la sortie de l’auberge Raza, des enfants traînent. Nous sommes arrivés ici pour prendre la dernière ligne de train encore en service à Madagascar pour rejoindre la côte Est. Fianar, d’un premier abord peu chaleureuse, n’est pour nous qu’un lieu de passage.

« Hé Vazaha, ça va ? Comment tu t’appelles ? »  

Anouchka et Raymond nous suivent dans les rues sombres désertées par l’activité bouillonnante du jour. Dans les rues de Fianarantsao, ils errent pour raconter leur ville, exercer leur français, vendre leurs cartes, demander un cahier. C’est ce soir que nous nous rendons Chez Dom, restaurant coloré et chaleureux où se retrouvent les « vazaha », étrangers en malgache , expat’ et guides touristiques bien sûr. La basse saison aidant nous avons l’endroit pour nous. Très vite nous sommes au bar avec Dekie le tenancier qui nous parle d’un dreadeux, Bob, qui fait de la musique. Ça description fait échos dans nos esprits, nous en avons déjà entendus parlé via Rémi, l’expatrier français qui chantonnait dans les couloirs de l’auberge. Nous flairons la piste et décidons de le contacter dès le lendemain.

Quelques petits rhums arrangés délient les langues on parle politique, musique et zébus. Ici, on connaît Goldman et on aime. Un homme passe la porte du bar et se présente : William le Rasta, rien que ça. « On vous cherchait » qu’on lui sort. Un hasard bien posé le fait venir à nous. Le train part sans nous. Demain, nous avons rendez-vous. Cette ville cachait bien son jeu. L’ancien du quartier, est le premier malgache rasta que nous croisons sur le pays.

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 Arrivés au Raza hôtel, Bob sort sa vieille guitare qui a apparemment déjà bien servie. Le son de ses cordes nous le rappelle. Peu importe, le personnage et l’énergie de son jeu prennent le dessus. En toute simplicité, il se pose et prend son pied à nous jouer ses morceaux, dont « Fleure magique », un blues qui compte l’histoire d’une femme. « Si tu refuse la fleur, ne la jette pas mais garde là en souvenir de notre amour. » .

William, ou Bob pour les intimes, vit pour la musique. Entre reggae, blues et chansons traditionnelles malgaches, il compose, improvise et arrange. Vous pourrez le croiser dans des événements, des guesthouses, avec ses potes, dans les bars… «  Pour moi la musique c’est comme de la nourriture, si je n’en fais, je me sens malade » Cet homme plein d’humour avec une sacrée gueule est né ici à Fianar. Des quelques notes que son frère lui a transmises, il a évolué entant que musicien autodidacte. A 60 ans William est le dernier du groupe Rasta Power. Ce qui ne l’empêche pas de répondre à l’appel de la fête du 11 mai, en hommage à Bob Marley. Une soirée haute en couleur assurée par ce gaillard édenté. Bob est auteur, compositeur et chanteur. Au milieu des années 70 il est pris par l’engouement musical de l’époque et se met à composer. Cette « belle époque », comme il l’appelle, lui a permis de s’enivrer de rock’n’roll, de blues et rythm’n’blues en passant par le reggae. Il les met « à la sienne » sans oublier les musiques traditionnelles Bétsiléo. La musique est une façon pour lui de laisser des traces et de suivre sa philosophie. « On ne vit qu’une seule fois, si on arrive à faire des bonnes choses ça reste pour les vivants. On ne peut pas emmener ça dans la tombe » Avec une petite trentaine de chansons à son actif, ce « muzicos » rêve de campagne, de liberté et de musique. Depuis 10 ans, il travaille comme guides touristiques et vendeur de pierres précieuses, un savoir-faire transmis de père en fils. Il nous l’explique en fin connaisseur passionné. Cette activité lui permet gagner sa croûte entre quelques notes. Mais quand on parle de musique, on ne l’arrête plus, pour notre plus grand plaisir d’ailleurs.

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 « On est pas des anges, chacun ses faiblesses… »

Bénin

Berceau du vaudou, situé dans le golfe de Guinée, ce bout d’Afrique viendra clôturer l’aventure. La musique, ici, prend un rôle important dans la transmission et l’enseignement. Même si de nombreux chanteurs et musiciens se sont éloignés des traditions pour se les réapproprier, des caractéristiques ancestrales ont laissé des traces. Cet art prend presque autant de place que la religion dans la vie des Béninois.

Le pays joue un rôle notable sur la scène de la musique africaine. Durant la période suivant l’indépendance, des mouvements artistiques se créent alliant musique ghanéenne, french cabaret, rock américain, et rumba congolaise laissant place à des sonorités nouvelles à succès. On connait au pays les petites places qui s’animent aux sons des djembé le soir venu, pour des moments festifs déliés de tout ennui.

 

Au pays de Cesaria Evora

Le Cap-Vert et son blues atlantique, mélange d’Afrique, des caraïbes, de la saudade brésilienne. Ce pays et le souvenir de sa diva aux nus pieds possèdent des musicalités tantôt tristes tantôt emplies de joies. Influencé par son histoire et ses voisins, le Cap-vert nous a conquis et semble être une halte musicale intéressante entre l’Amérique du Sud et l’Afrique.


 

Une île Est-africaine

Située en plein océan indien, cette île volcanique brasse différentes cultures du fait de sa position géographique. Entre Afrique noir et Asie, les vagues d’immigrations nous laissent imaginer les diverses formes musicales développées au fil des années. Mélange d’influences, percussions et voix, les musiciens malgaches allient de nombreux instruments tant à vent qu’à cordes.

C’est ici, à l’école de musique de Diego Suarez que commence notre périple. Fondé en 2000 par l’association Zomaré, le projet promeut la musique du Nord de Madagascar au-delà des frontières et forme de jeunes artistes en herbe en collaboration étroite avec l’île de La Réunion. Nous rencontrerons les personnes investies dans ce projet, élèves et enseignants pour comprendre la musique nord-malgache et découvrir ses sonorités.