Le club du dimanche havanais

Callejón de Hamel

Voici une deuxième page cubaine qui s’ouvre sur un groupe de La Havane. Groupe qui n’est pas vraiment un groupe car il s’agit plutôt ici d’un rendez-vous d’amoureux et professionnels de la musique afro-cubaine.

Tous les dimanches, on se rassemble dans cette petite rue qu’on appelle “Callejón de Hamel”. L’endroit est l’oeuvre de l’artiste cubain Salvador Gonzales Escalona : peintures murales, sculptures à partir de matériaux de récupération, ateliers, etc. L’artiste a voulu faire de la Callejón  « le premier temple de la culture noire, rendue à sa dignité ».

En effet, la ruelle est un parfait exemple du syncrétisme cubain. On y voit les représentations des divinités africaines qui côtoient les saints chrétiens. On trouve aussi quelques peintures dédiées au livre de Saint-Exupéry : « Le Petit-Prince ». 

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Un couple, de soit disant étudiants, nous accompagne. Ils nous expliquent comment fonctionne la ville, le pays, l’économie, la pauvreté, avant de déposer la marchandise que nous sommes dans le bar le plus touristique et le plus cher de la ruelle. Plus tard, on rencontrera des copies conformes de ce couple qui, après un bref tour d’horizon de l’historique du pays nous proposent gentiment de leur payer un coup dans le bar le plus cher du coin. On se laisse faire quelques fois, curieux de cette sympathie spontanée, puis on finit par décliner l’offre, lassés de ce mode opératoire et refusant d’entretenir l’image que certains peuvent avoir de nous.

A partir de onze heure du matin, la rue commence à se remplir jusqu’à se boucher, laissant un mince sentier qui serpente dans la foule. Il n’est pas facile de se faire une place. On observe les musiciens et danseurs à travers un mur humain, sous une aisselle transpirante ou en se tenant en équilibre sur des pavés maladroitement empilés.

La musique qu’on écoute provient des bateaux qui, un jour, ont débarqués tout un peuple sur l’île. Ces rythmes d’outre-Atlantique, le volume sonore, ces hauts-parleurs qui saturent et la foule multicolore nous rappelle la Second Line de la Nouvelle-Orléans. Sauf qu’ici, on fume des cigares, on boit du rhum et on entend la mer qui s’éclate en se jetant sur la célèbre digue « Malecon ». Pas de doute, nous sommes bien à Cuba.

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On aime ces ambiances de dimanche. Elles sont différentes dans tous les pays et nous ne pouvons nous empêcher de les comparer entre elles. Parfois explosives, animées, posées ou endormies, quoi qu’il arrive le dimanche, les gens prennent leur temps. On se rappelle de ce jour où nous avions filmé Kiam Pian au Laos. C’était un dimanche, on ne peut plus calme. Ce musicien vivait dans une école désertée des enfants. L’ambiance était bien différente. Seul le soleil, nous et notre caméra n’ont pas changés.

Cette fois-ci, nous n’avons pas de contact avec les musiciens de la Callejon de Hamel. L’atmosphère festive et bordélique que l’on perçoit est pour nous déjà bien représentative du pays. On se contente de filmer, prendre le son, regarder, apprécier et enfin, s’échapper.

Quand le soleil brille sur Viñales

Cuba. Dans notre imaginaire post-voyage, c’est la musique, les vieilles américaines, le communisme (ça donne quoi en vrai?), les hôtels de luxe, mais aussi une grande confiance dans la rencontre des populations locales.

La Macarena¹, qu’on a dansé enfant;  Hasta Siempre Comandante Che Guevara, qu’on a chanté pour donner vie à notre révolution d’adolescent, un écusson cousu sur notre sac ; Chan chan sur laquelle on se déhanche aujourd’hui; pour ma part avec mon papa dans son salon…  tous ces titres représentent une part de la musique cubaine qu’on reconnaît.

De cette île, tant marquée par son histoire politique que via la diversité de ses populations, jaillit une multitude de styles musicaux. Pour en faire une liste non-exhaustive, nous pourrions citer, la salsa, qui englobe le son de Cuba, le mambo, le guaracha, etc. Ajoutons à cela le cha-cha-cha, la rumba, le merengue, le cubaton et bien d’autres.

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Ceci dit, nous retenons de Cuba ses titres plus que ses styles musicaux.

La vérité, c’est qu’en arpentant les rues de la Havane, et cela vaut pour les autres régions de l’île, on tombe bien souvent sur des playlist semblables :  Chan Chan, Guantanamera, la Paloma, Chachacha, La Cucaracha ainsi que bien sûr, Hasta siempre comandante Che Guevara .

Certains trouveront cela un peu rébarbatif alors que d’autres apprécieront les nuances des titres chaque fois interprétés différemment.

Par ailleurs, Cuba ne semble pas si différents de ses voisins américains. Le blues, le reggae, la musique cubaine et afro-cubaine ont ce point commun de reprendre de grands titres ou riddims à leur façon (pour exemple : Saint James Infirmary en blues, le riddim de ragga-dance hall en Jamaïque, et les classiques cubains énoncés ci-dessus).

 Sol del Valle

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Nous avons rencontré cinq membres du groupe Sol del Valle un soir à Viñales. Un village entre montagne et champs de tabac où l’on mène une vie douce.

Entre des titres plus « classiques », nous découvrons quelques chansons de leur composition. Ils jouent en formation typique cubaine : deux guitares (une classique et une autre appelée Tres Cubain – 3×2 cordes), des congas, une contre-basse, et bien sûr des maracas et le chant. Il nous est arrivé de rencontrer des formations où flûtes, piano, trompette et saxophone viennent s’ajouter ou remplacent l’une où l’autre guitare. En ce qui concerne Sol del Valle, lorsqu’ils sont au complet, un saxophoniste ainsi qu’un trompettiste viennent prendre part aux arrangements.

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Macusa, qu’on partage avec vous aujourd’hui, est un titre repris de Compay Segundo, célèbre figure à Cuba et ancien membre clés du groupe Buena Vista Social Club.

Jésus, à la percussion et au chant nous fascine avec sa voix originale qui, aiguë, colle si peu au personnage.

Alfredo joue de la flûte par sa narine, du jamais vu de notre côté.

Nous vous lassons donc découvrir ces musiciens qui nous ont séduit par leur entrain et professionnalisme. Un formation vivante, qui nous l’espérons vous fera voyager…

 

¹ La Macarena est en réalité un titre espagnol du groupe Los del Rio, cependant largement repris à Cuba.

‘Cuba Libre’

La musique cubaine, ses rythmes entraînant et fumant nous emmènent déjà, à chaque écoute du légendaire groupe Buena Vista Social Club, dans un voyage musical dynamique. Des Cubains qui font bouillir leur mode de vie au rythme des congas et présentent l’amour, la nature sous toutes ses formes en plus de traiter de leurs réalités sociales. La musique cubaine occupe une place influente dans la musique du monde et représente une destination clé dans notre parcours.

Le site d’Havana Cultura nous apparait comme source principale de nos recherches. Soucieux de mettre en valeur leurs artistes de talents, les initiateurs de ce projet nous guident déjà au travers différents portraits vers des musiciens locaux. Kumar, artistes de hip-hop, Yasek Manzano, trompettiste de jazz, Yissy et son groupe de percussionnistes, …