Bangkok vue de l’ouest

Je me souviens des tous premiers jours passés dans la capitale thaï, il y a plus de trois ans maintenant. Bien avant notre projet de faire le tour de la terre, nous étions tombés amoureux d’une ville aux extrêmes qui ne donne pas de répit à l’observation.

Bangkok …, rien qu’à prononcer son nom, des odeurs nous reviennent, des couleurs de néons, des images de viandes exposées à même le sol, des sons d’une langue qu’on souhaiterait tellement baragouiner davantage.

Cette fois-ci, nous avons retrouvé « l’effervescente Asie » sur notre itinéraire après presque 6 mois de voyage. Nous ne sommes pas restés bien longtemps, juste assez pour découvrir le Blues Bar. Le groupe, The Vintagers, y jouait ce soir-là. Après une première rencontre, nous leur promettions de revenir 3 semaines plus tard pour les inclure au projet.

Entre temps, nous décidions de découvrir le Cambodge et le Laos. Ce n’est que deux mois plus tard que nous remettions les pieds dans ce café qui nous avait tant charmé.

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Nous étions à nouveau “chez nous”, car c’est un peu comme ça qu’on considère le quartier Theewet. Après avoir été des nomades pendant plus de 32 semaines, à voir chaque jours de nouvelles choses; se sentir un peu comme à la maison dans une ville que beaucoup considère comme un sacré foutoir, c’est une sorte de privilège.

Ce soir là, The Vintagers, mettait le feu.

Wim - The Vintagers (Thaïlande)

Whim – The Vintagers (Thaïlande)

“Yes, we were waiting for you guys…” 

 

Whim, Haroon, Poon et Volt nous ont fait voyager des Etats-Unis à l’Asie avec leur musique aux notes jazzy, aux influences blues, boogie-woogie et thaï. Une reprise qui pète de Muddy Waters “Got my Mojo working”, mais aussi leurs propres compositions : en thaï cette fois.

อยู่ที่ใจEu Tee Jai

 

Whim Jingjit – Guitar & Vocal / Haroon – Drum / Poon – Bass / Volt Jingjit – Violin

Le Blues Bar

Sans Mister Pong et son établissement, le blues perdrait l’un de ses repères. Chaque jour de la semaine a son artiste, le patron déganté offre l’opportunité au public local et quelques touristes de découvrir les artistes actuels, et pas des moindre.

« Nous jouons ici depuis un certain temps, on aime vraiment l’endroit. Sans Mister Pong (propriétaire), je pense que je n’aurais jamais commencé à jouer du blues. Il est notre professeur, notre mentor. Ici, il connecte les gens autour de la musique. En nous laissant jouer dans son bar, il nous a donné une chance. » 

Chaque mercredi soir The Vintagers se retrouvent ici.

Cette fois nous retrouvions des amis d’un soir. On s’étonne encore à quel point le voyage et notre projet nous permet d’ouvrir des portes.

Aujourd’hui ce que l’on sait c’est qu’on y retournera, sans doute un mercredi.

Interview - Wim (

Interview 

Whim nous raconte…

« The Vintagers c’est une histoire qui remonte à quelques années déjà, nous étions amis et musiciens. « 

« Notre musique trouve sa source dans le blues qui n’est pas juste un ensemble d’accords spécifiques. »

                    « Je pense que le blues c’est bien plus que ça, cette musique a une âme.« 

 

Etre musiciens en Thaïlande… 

 

« Notre vie de musiciens est plus ou moins rentable, mais notre premier objectif n’est pas de gagner de l’argent. On participe à pas mal d’événements et parfois quelques concerts de bienfaisance. « 

« On donne ce qu’on a : nos mains, nos pieds, notre musique, c’est ça qu’on aime dans notre métier. »

 

La musique en Thaïlande … 

 

« La musique en Thaïlande c’est comme partout, il y a plein de styles différents. Le roi occupe d’ailleurs une place importante dans le monde de la musique pour les thaï. On dit que c’est lui qui a apporté le Jazz et le Blues dans le pays. C’est un excellent musicien et compositeur, il a une grande influence. »

« D’apparence, la musique traditionnelle thaï peut paraître totalement différente d’un blues ou du rythm’n’blues des noirs américains, et pourtant…, 

ce que je trouve génial, c’est qu’on y retrouve les même thèmes. Les chansons populaires traditionnelles parlent de la difficulté quotidienne de la vie rurale, les champs, les cultures du riz, les amours du village, etc… Les gens chantent ce qu’ils connaissent. Ce qui n’est pas si différent du blues et d’autres musiques traditionnelles à travers le monde où l’on parle des mauvais coup du sort. »  

« Je pense que la musique en Thaïlande va mieux. Ce que j’aime c’est qu’il y a de moins en moins de copies. Beaucoup de musiciens tentent de trouver leur propre style…”

La musique … une autre histoire

Après un mois et demi passé au Laos, nous approchons de la frontière thaï. Le moteur du bateau ronfle depuis quelques heures sur le Mékong. Nous remontons doucement vers le village de Pakbeng, dernière halte avant de traverser la ligne imaginaire qui sépare les deux pays.

En fin d’après-midi, nous accostons sur une piste de terre mouillée, où les femmes et enfants des hoteliers nous proposent des logements. Le relief et les habitations nous rappellent les villages des Alpes. Des auberges avec des balcons de bois, des chalets modestes éclairés à la bougie.

Le soir, les rues s’animent au son des langues des quatre coins du monde et le règne des tongs à fleurs s’impose. Le jour, les touristes désertent. On peut alors découvrir tout le charme des lieux.

Sivilaï est un jeune papa souriant qui tient le Sabaidee Restaurant. Il accueille les clients dans un français maladroit mais chantant. Nous lui parlons du projet,  les artistes laotiens manquent à l’appel. Alors, Sivilai nous envoie à quelques kilomètres de là.

On ne sait pas vraiment où l’on va, ni ce qu’on y trouvera mais marcher le long de cette route en côtoyant les montagnes, c’est déjà une aventure. Il n’y a pas un chat bien qu’une moto passe de temps en temps. Deux blancs-becs le long d’une route au milieu de nul part, ça attire l’attention.

Sivilaï nous dépasse en moto, il nous salue un poulet à la main. Nous le rejoignons plus tard à l’école. L’ami qu’il désire nous présenter s’est installé une cabane de bois au fond de la court en terre battue.

C’est les vacances et le silence du dimanche règne. La rivière coule à quelques mètres, une jeune conductrice apprend à rouler. Ça nous rappelle certains dimanches en Belgique.

(Laos)

(Laos)

Kiam Pan est l’ancien directeur de l’école. Il est aussi musicien. Après un mauvais coup du sort qui lui fait perdre l’usage de ses jambes et de sa main gauche, jouer de la guitare s’avère plus difficile que prévu. Il persiste, se fait poète et trouve son bonheur dans les histoires qu’il chante.

Kiam est aussi gêné que nous, c’est à dire pas tellement, mais la barrière de la langue nous empêche de nous rencontrer vraiment, même si les sourires c’est bien un truc universel. Alors on se sourit.

Il nous regarde installer notre matériel, l’appareil sur l’épaulière, un enregistreur sur un mini trépied. Nous on regarde, ses poulets et sa chaise roulante bricolée qui a du style. Lorsque nos regards se croisent, on sait qu’on a des choses à se raconter, alors on décide de passer par la musique. C’est comme ça que Kiam Pian nous a offert un petit bout de sa vie.

On l’entend quelques fois prononcer le nom du village Pakbeng, on devine. Il raconte son affection pour ce petit coin perdu niché dans les montagnes au bord du Mékong. Il conte la beauté des lieux, selon Sivilaï, qui écoute ces vers. On imagine alors l’éloge faite à la douce torpeur qui règne ici.

Peu importe ici la qualité de la prestation, le musicien représente la musique comme langage universel. Sur ce terrain de terre battue, nous nous sommes compris, un peu.

Nous avons remballer nos instruments audio-visuels et lui le sien. Après de grands signes au bout du chemin. Nous avons repris la route.

Sans doute Kiam Pian se souviendra de ces deux drôles de touristes à la requête étrange.

Nous, nous avons découvert l’histoire d’un homme qui vit dans un pays que nous avons pris tant de plaisir à traverser de bas en haut, d’un bout à l’autre.

La khmeritude des choses.

Au pays du sourire, des fourmis rouges et des cafés glacés, nous nous sommes arrêtés dans la ville voisine des temples d’Angkor. Après avoir visité l’une des merveilles du monde, à qui on laisse ce statut très volontiers, nous nous sommes attardés dans une tout autre atmosphère. Le monde des arts et du spectacle.

Dans un espace à l’abris des zones centrales et touristiques, une immense tente rouge finie en pointe cache une scène et des estrades de bois. Des lanternes multicolores suspendues dans les arbres indiquent le chemin aux spectateurs.

« Le spectacle va bientôt commencer. »

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Aujourd’hui nous vous proposons de découvrir des artistes dans un contexte différent : celui du cirque! Klo et Rattanak sont musiciens pour le spectacle “Eclipse” présenté par Phare Circus.

Les performers travaillent ensemble pour un résultat unifié. Les musiciens accompagnent ces acteurs et acrobates avec beaucoup de justesse. Ils ponctuent une histoire, suivent les rebondissements du scénario, permettant ainsi au spectacle de prendre vie. La musique accompagne, sans mot dire, une légende cambodgienne ancienne.

La différence avec les autres artistes du World Music Tour, dont les chansons se suffisent souvent à elle-même, se situe également dans la présence d’un public qui fait tout autant partie de l’aventure. Klo et Rattanak utilisent la musique pour soutenir une prestation de talents, ils se fondent discrètement dans un tout, tout en se rendant indispensables; permettant à ses témoins tapis dans l’ombre de passer un agréable moment.

« Applause »

L’aventure Phare Circus a commencée lors de la création de l’école de musique, théâtre et arts du cirque à Battambang, il y a vingt ans. Après, la chute des Khmers rouges, des étudiants et professeurs sortis des camps de réfugiés, créent l’association Phare Ponleu Selpak, de quoi mettre un peu de couleurs et de divertissements après une période difficile pour le pays. Un pays, avec ses chants et danses traditionnels, où les représentations de corps et voix sont choses communes. L’association permet alors à des enfants défavorisés d’apprendre les arts du spectacle.

Aujourd’hui, l’école de Battambang s’est dédoublée en venant s’implanter à Siem Reap. De cette initiative est née le Cirque Phare afin de générer de l’emploi pour ces acrobates et musiciens confirmés. Ils ont l’opportunité d’exercer leurs compétences et ainsi, gagner leur vie. Certains d’entre eux s’exportent à l’étranger pour une carrière qui va bon train.

Zoé, responsable des opérations, nous confie même que depuis son ouverture, le cirque affiche un programme chargé, proposant des représentations tous les jours, toute l’année, sept jours sur sept!

Le projet résulte donc, d’une démarche complète face à laquelle nous tirons notre chapeau.

“A présent, levé de rideau » :

Un petit mot sur les musiciens :

Clo et Rattana vivent à Siem Reap et travaillent pour les différents shows programmés par Phare Circus. Modestes, ils se présentent comme des musiciens non-professionnels, leur carrière étant encore dans ses débuts. Ils ont commencé en jouant dans des réceptions et cérémonies de mariages. Repérés par le Cirque Phare, ils accompagnent aujourd’hui de nombreux spectacles.

Auto-didactes à la base, Clo et Rattana perfectionnent aujourd’hui leur art grâce au projet Phare Circus; là où les responsables leur permettent d’apprendre la musique de façon plus académique. Une belle opportunité qui semble les satisfaire.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer les artistes lors d’une répétition, après avoir nous-mêmes assisté au spectacle la veille au soir. Ils nous racontent leur histoire et sont curieux de découvrir les musiciens qui se sont déjà trouvés sur notre route; spécialement les artistes indiens envers lesquels ils semblent avoir beaucoup d’admiration. Plus tard, ils nous parlent de leur musique, du plaisir que jouer leur procure. Leur instrument : un xylophone khmers et des percussions dont une, qui nous rappelle la Dolak, tambour traditionnel indien à deux membranes.

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Le spectacle est un succès. Une séance photos/autographes s’improvise avec le public.

Un bout d’Argentine au Népal

Comme nous, Caro est arrivée à Pokhara par hasard. Nous logeons ensemble chez Eola, une américaine de 69 ans, dénichée sur le site internet couchsurfing. En quelques mots, couchsurfing.com est un site sur lequel s’inscrivent des personnes désireuses d’accueillir des étrangers pour une nuit ou plus. Nous sommes les étrangers et profitons des canapés, carpettes ou kingsize bed que nous offrent les hôtes bienveillants. Rien ne nous est demandé en échange. Bien sûr, le couchsurfing est plus qu’un lit, c’est une véritable rencontre, une découverte différente d’un pays, pour peu qu’on soit curieux, qu’on ait la fibre sociale et une petite maîtrise d’anglais.

Pokhara est une ville située à sept bonnes heures de bus ’tape cul’ de Kathmandu. La ville est la porte d’entrée des Annapurnas. C’est aussi un lieu connu pour sa vue imprenable sur les sommets de l’Himalaya, mais pour ça, il faut se lever vers 5h du matin lorsque la brume n’a pas encore recouvert les géants. De la fenêtre de notre chambre, on dirait de grosses pâtisseries. Celles qui nous manquent et auxquelles nous n’avons plus cédé depuis quatre mois.

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Caro, musicienne, voyage un peu partout depuis quelques années déjà. Elle a la chance d’avoir deux passeports, l’un argentin, l’autre allemand, qui lui permettent de visiter de nombreux pays sans encombre. Elle revient tout juste de l’Inde où elle a suivi un stage de yoga pour pouvoir enseigner.

Le jour de notre rencontre, nous échangeons nos expériences indiennes autour de cruches de mojito profitant allègrement de l’happy hour d’un restaurant.
Une fois que la soirée bat son plein, Caro nous propose un cours de yoga pour le lendemain matin. C’est donc vers 8h (bien entamée), pas tout à fait frais et pas tout à fait au complet, que nous nous installons sur le tapis.
Caro commence la séance par un chant d’ouverture. Elle laisse alors échapper sa voix sous la forme d’un long ‘Ôm’. S’en suit un court texte chanté en sanskrit. Nous n’en saisissons pas le moindre mot mais c’est très beau. La voix fraiche et douce de Caro fait le plus grand bien quand elle accompagne la première demi-heure du réveil.

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Elle sera la deuxième et dernière artiste pour ce voyage au Népal. Certes, elle n’est pas népalaise et aucun groupe local ne figurera dans notre liste d’artistes du Népal mais Caro s’est trouvée sur notre route. Nous voulions partager cette rencontre. Elle représente ce qui nous arrive avec le voyage : La découverte de plusieurs pays en un. Ici, nous parlons d’itinéraires, de coutumes et de musique du monde.

Elle décide de nous interpréter sa version Doña ubenza du chanteur argentin Chacho Echenique. Elle parle de la vie d’une jeune fille pommée qui utilise la musique comme un exutoire.

 

Comme à notre habitude, nous prenons un peu de temps après la vidéo pour poser quelques questions à Caro.

Peux-tu nous expliquer ta manière de voyager ?
J’ai quitté l’Argentine il y a quatre ans maintenant. Je suis passée par l’Afrique où je suis restée trois ans puis j’ai enchaîné avec l’Inde six mois et je viens d’arriver au Népal. Je me dirige où bon me semble en suivant mes envies. J’aime néanmoins rester un certain temps dans un pays afin de m’en imprégner un maximum. Je voyage avec ma guitare, elle me tient compagnie et c’est un bon moyen de se faire des amis.

Depuis combien de temps chantes-tu ?
J’ai commencé très jeune. Je devais avoir neuf ans lorsque j’ai vraiment commencé à travailler mon chant. C’était en Argentine, d’abord à l’école avec des amis, puis dans une école de musique. Je vivais avec de la musique constamment autour de moi grâce à mon père qui est chef d’orchestre, puis, les nombreuses répétitions avec les amis ont fait que je me suis très rapidement sentie bien là-dedans.

Explique-nous comment se passe tes représentations ? Joues-tu dans la rue, dans les salles de concerts ?
Il y a énormément de musique de rue en Amérique du Sud. On peut en trouver un peu partout. J’ai commencé à voyager en me produisant sur les terrasses de restaurants. Je devais avoir vingt ans lorsque je suis partie vers le nord de l’Argentine, en Bolivie et au Pérou. Je me présentais aux patrons en leur proposant quelques chansons. Je voyageais avec des amis et je leur demandais généralement de venir mettre la première pièce dans le chapeau après une chanson (rires), c’est eux qui ouvraient la marche. Aujourd’hui, je joue encore de temps en temps dans des bars et parfois dans la rue. Ce sont deux choses totalement différentes. La rue est à tout le monde.
Du coup, ma guitare n’est pas qu’une bonne compagnie, elle m’apporte aussi un peu d’argent nécessaire pour mes voyages.

Que ressens-tu quand tu chantes? Quel plaisir éprouves-tu?
Je risque malheureusement de répondre comme une hippie mais, il m’arrive de tout oublier lorsque je chante :  mes problèmes, le stress d’une représentation, j’oublie même ma voix. Ce sont les moments où je me sens le plus à l’aise et lorsque le  public ressent cet état, tout est parfait! C’est pourquoi, parfois, lorsque je n’arrive pas à retrouver cette sensation, je m’arrête de chanter. Je fais une pause. Je ne peux plus chanter sans ressentir ce moment agréable.

 

Nous continuons à parler d’un voyage en autostop qu’elle a fait à vingt ans. Le sud de l’Amérique est sur notre parcours et nous y rajouterons certainement l’Argentine.

 

Le dernier soir de notre visite à Pokhara, Eola accueille un nouveau groupe de couchsurfer. L’un d’entre-eux est musicien. Une représentation improvisée prend place au rez-de-chaussée de la maison face à un public une fois de plus multicolore.

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La dernière chanson de Caro est le chant d’ouverture de session de yoga arrangée par ses soins à la manière « Bossa nova » du Brésil. Le texte est chanté en sanskrit.

 Merci à Eola, Caro et Vinay (voisin du rez-de-chaussée indien qui nous a accueilli trois semaines chez lui.)

Dans les rues animées de Kathmandu

Kathmandu, ce nom de ville m’a toujours vendu du rêve. Mon esprit a souvent vu apparaitre des montagnes mais aussi les images des Triplettes de Belleville, ce film d’animation qui swing avec une bande originale interprétée par Matthieu Chedid rimant avec les mots “rendez-vous” et “Kathmandu”.

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Après avoir passé la frontière par voix terrestre, nous obtenons notre visa sans peine. Une quinzaine de minutes, une trentaine d’euros par personne et nous voilà “népalais” pour un mois.

Kakarbhitta est une ville de passage. On trouve rapidement la station de bus où des véhicules de toutes catégories attendent les voyageurs : direction Kathmandu où ailleurs…

Mini vans peu engageants, bus moyens colorés, Big bus et BIG BUS DELUXE du genre tout confort et pas tellement plus chers. Fatigués, nous optons pour l’un de ces derniers. La route risque d’être longue, 12 heures sur des pistes, parait-il, pas en bon état.

On ne se rappelle plus vraiment, on a du dormir, ce qui veut dire que ce n’était pas si terrible. A part l’eau, les cacahouètes gratuites et ce film d’amour un brin débile en hindi qui flotte dans nos mémoires, nous gardons le souvenir des paysages de fin de journée lorsque nous énumérions les différences qu’on rencontrait par rapport à l’Inde. Arrivés à Kathmandu les rabatteurs d’hôtels et taximen habituels nous sautent dessus. Nous agrippons le premier bus local qui s’arrête à peine, les laissant un peu déconfits derrière nous. Ils ont perdus leurs clients dans la cohue de la capitale.

Dans les rues de Thamel, le quartier touristique de Kathmandu, nous retrouvons une sorte de Pushkar (Cf. article Inde) dans le défilé de mode improvisé par les touristes et par la quantité de brols vendus dans la multitude d’échoppes. Seule différence ici, les contre-façons Northface, Quechua et Teva sont à l’honneur. Aux touristes stylés, viennent s’ajouter des voyageurs qui font partie d’une autre catégorie que celles rencontrée en Inde. Nous croisons en effet davantage de familles et trekkeurs venus s’attaquer à quelques sommets.

Nous trouvons alors une Guesthouse pas trop cher. Elle pue un peu, l’eau coule des étages et inondes les paliers faits de moquettes grises qui se gorgent d’eau. C’est sombre, la chambre sent la cigarette humide qu’on aurait réchauffée au micro-onde, pourtant, elle a ce petit « je-ne-sais-quoi » qui lui donne un certain charme; peut-être les draps propres où la salle de bain propre, trop propre pour une salle de bain commune…

A peine installés, nous nous rendons à la House of Music où nous retrouvons Laetitia, une expat’ cominoise (ville natale de Robin). C’est là que nous rencontrons Ooga Chaka, un groupe “belgo-serbe-marocain-hispano-français”, formant un orchestre des plus vivant, lancé dans un projet de voyage entre le Népal, Madagascar et la Colombie. Le groupe est formé de neuf jeunes partis à la rencontre des enfants et adolescents en situation difficile. Ils utilisent la musique comme un outil pédagogique visant le développement personnel de ces jeunes qui vivent dans des pays en voie de développement.

Ils partent demain. Pour leur dernier jour à Kathmandu la fête est là et nous aussi !

Nous avons rencontré la bande de joyeux lurons et échangé sur nos expériences. Eux parlent du Népal, nous de Madagascar. Ils projettent de s’installer quelques temps à Antsirabé à l’auberge de Chez Billy. C’est rigolo, nous y avons nous-même passé quelques temps.

On parle des artistes qu’on a filmés : Oladad, Jean-Emilien, Imiangaly et Rolf. Nous commentons nos projets respectifs et repérons nos points communs.  C’est toujours intéressant de rencontrer une équipe de voyageurs partis avec un projet en poche, plus que ça, avec une passion commune pour la musique. Tout comme nous, ils écrivent des cartes postales à ceux qui les soutiennent.

Vient ensuite pour eux le moment de jouer dans les rues afin d’attirer leur public jusqu’à la scènette de la House of Music. On leur emboîte le pas.

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Cette rencontre, après la longue route depuis le poste frontière, nous ranime. On apprécie cette ballade nocturne en rythme.

Quelques heures et nous voilà déjà avec des artistes dans la boîte.

Cette rencontre d’abord par sa totale spontanéité est différente des précédentes. Le côté imprévu apporte un nouveau dynamisme, des décors différents et une autre manière de s’organiser quant à la prise de vue. Tout va très vite dans nos esprits et on se laisse prendre par une motivation non-calculée.

La réalisation de la vidéo qu’on vous propose s’est organisée dans les rues et en mouvement. Nous avons suivi les musiciens caméra au point et enregistreur à la main, avançant à reculons dans les rues bondées et bruyantes de la capitale asiatique. Devant, de côté, derrière, on court pour les rattraper et les filmer encore au prochain tournant. On évite les passants, les étalages, les policiers, les tuk-tuk. Un bordel monstre, c’était top !

Dès le lendemain, ils partent continuer leur projet et nous le nôtre….

Les membres du groupe :

Damien – Trompette
Florentin – Trombone
Olga – Clarinette
Jonas – Cocktail Drum
Salma – Saxophone Ténor
Nicolas – Guitare
Olivier – Saxophone Bariton
Camille – Sousaphone
Ana – Percussions

Pour en apprendre davantage sur leur projet n’hésitez pas à consulter leur site internet : http://www.ooga-chaka.org/

Darjeeling. Pas que du thé là-bas !

 

Après ces trente-deux heures de route en partant de Varanasi, après la traversée des somptueuses plaines du Gange, après la chaleur humide de Siliguri et cette nuit passée dans la gare à combattre les moustiques ; après ces visages indiens qu’on croit connaître et qui changent au fil des kilomètres ; après une longue route sinueuse qui n’en finit pas de monter, … après tout cela, nous atteignons Darjeeling. Difficile de croire qu’une si grande ville trône tel un Eldorado égaré sur ces montagnes aux pieds de l’Himalaya. Nous avons l’impression d’avoir quitté l’Inde pour un autre pays. D’abord, l’air y est beaucoup plus frais. Les traits des visages s’allongent, nous nous rapprochons du Népal et de la Chine. Enfin, on y parle le Népali, bien que l’Hindi demeure en grande partie.

Lorsque nous nous réveillons le deuxième jour pour une ballade matinale, nous découvrons des rues calmes qui montent, qui descendent, qui slaloment entre les pins puis qui atteignent les champs de thés au loin. D’où l’on se trouve, on dirait des prairies d’herbes vertes, paysages encore inconnus à notre voyage. Et puis, après le virage, juste derrière la maison bleue, apparaissent les montagnes enneigées de l’Himalaya. On se dit alors que toutes ces heures valaient le coup. Encore mieux, elles deviennent ici la distance mentale nécessaire dont nous avions besoin pour apprécier un tel changement.

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Dans le haut de la ville, nous descendons une ruelle en direction de la place Chowrasta. Sur la route, on y trouve toutes sortes de commerces. A droite, des morceaux de porcs s’exhibent à l’étalage du Pork Shop.  A gauche, on écaille des poissons. Juste à côté, des gens jouent à un jeu local qui s’apparente au billard mais avec des palets qui glissent sur une planche de bois.

Je pense que c’est notre première place en Inde. J’entends dans “place”, un lieu publique agréable où l’on passe du temps à regarder les passants . Il y a des bancs un peu partout où l’on vous propose du Chai (thé au lait). Et, grande surprise, pas une voiture, pas un seul engin motorisé. Nous sommes alors déstabilisés car nous avions développé une certaine aptitude à nous faufiler entre les voitures.

Il y a un air de montagne ici, quelques chalets en bois, on vend des écharpes et bonnets, des boissons chaudes, du chocolat, etc…

 

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Puis, comme d’hab’ nous nous mettons au travail. Un des garçons de la guest house qui joue de la guitare tous les après-midi nous raconte que son frère connaît beaucoup de musiciens à Darjeeling mais aussi un certain Shikker, propriétaire du Angel’s Studio, qui aurait enregistré une grande partie des musiciens des alentours. C’est comme ça que, très vite, nous obtenons notre premier rendez-vous avec le groupe Mantra. Ce groupe de Rock populaire est célèbre à Darjeeling mais aussi au Népal. Quelques semaines plus tard, on surprendra même plusieurs chauffeurs de bus à écouter les durant les trajets. Finalement, après les présentations, nous nous rendons compte ensemble que d’autres jeunes groupes de la ville ont certainement plus besoin d’une vidéo.

Shikker nous met alors en contact avec Head Motif. C’est un groupe de cinq jeunes : Putali Sarak, Anmol Lomjail, Ushang Bomzon, Vivian Moktan, Wangden Lepha. Ils sont étudiants ou jeunes diplômés. La bande arbore un penchant certain pour le rock et le métal.

 

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La veille de l’enregistrement, nous nous donnons rendez-vous au Angel’s studio. Après une bonne marche dans les rues en escaliers de Darjeeling, nous arrivons dans une petite maison encastrée entre deux autres. Nous sommes accueillis par la mère de Shikker et son chien blanc stupide qui aboie sur tout ce qui bouge. Le studio est étroit mais suffisamment grand pour enregistrer un groupe de 5, 6 musiciens. Un poster de Jimmy Hendrickx, un autre de Shikker tout jeune, pour les débuts de Angel’s studio, une peinture de John Lennon, une photo de Sai Baba (chef spirituel indien) sont accrochés au mur.

Shikker nous présente la musique qu’on écoute dans le coin en nous montrant quelques clips. Dans cette partie de l’Inde, le rock semble primer chez les jeunes. Niveau textes, il est souvent question d’un mec pommé qui rencontre par hasard la fille de ses rêves mais ça ne se passe généralement pas comme il l’imaginait… L’Inde que nous connaissons refait alors surface et nous repensons aux clips et films bollywoodiens qu’on nous passait en boucle dans les bus. On utilise à profusion couleurs flashy et transitions de type fondus étoilés dans ce que nous visionnons ce jour-là, bref pas exactement le type de vidéos que nous proposons. Quoiqu’il en soit, l’échange se fait et c’est à notre tour de montrer ce que nous avons enregistré tout au long de notre parcours.

 

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Nous découvrons alors des musiciens curieux (ce qui n’a pas toujours été le cas), nous échangeons sur notre voyage, on leurs parle de Madagascar, du reste de l’Inde, des artistes… C’est ce que nous voulions.

Ils décident de nos proposer leur chanson : “Flying High”

Interview :

Comment s’est créé le groupe Head Motif?
Nous nous sommes rencontrés à l’école il y a 8 ou 9 ans. Nous étions amis avant tout et passionnés de musique bien sûr.

Pourquoi avez-vous choisi de nous proposer cette chanson : “ Flying High”?
C’est notre premier single. Nous l’avons écrite ensemble, nous y sommes fort attachés car elle sera la première chanson de notre tout premier album sur lequel nous travaillons en ce moment avec Shikker, ce qui signifie beaucoup pour nous.

En Inde, est-il possible pour des jeunes comme vous de gagner suffisamment d’argent pour pouvoir vivre de votre passion?
Ça reste très difficile et peu probable, sauf si vous travaillez à Bollywood bien sûr (rires). Même si nous avons déjà un nom à Darjeeling, le peu de concerts payés nous permettent à peine d’investir dans un petit peu de matériel ou bien de payer les déplacements mais vraiment rien de plus.

Que pensez-vous de la musique indienne traditionnelle? Et comment vous placez-vous par rapport à celle-ci?
On peut trouver beaucoup de musiques traditionnelles dans les villages et c’est le mélange de celles-ci avec des styles plus contemporains qui peuvent donner quelque chose de très intéressant à nos yeux. Notre musique est basée sur quelque chose de plus internationale que nous arrangeons plus ou moins à notre sauce. Nous avons quelques chansons en népali par exemple. Nous sommes tous, je pense, fan de rock et métal comme Iron Maiden et Gun’s and roses, c’est de ces musiques que nous nous inspirons.

Pourquoi semble-t-il que dans cette partie de l’Inde vous soyez plus branchés rock?
Cette partie du pays garde davantage les restes de la colonisation britannique.  Le Nagaland (état à l’extrême nord-est de l’Inde), le West-bengal et le Sikkim (petit état au nord de Darjeeling) sont du coup, je pense, plus influencés par ce qui se fait en dehors des frontières. On trouve également beaucoup de rock au Népal. Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de groupes non-traditionnels se trouvent dans les grandes villes de l’Inde (Delhi, Bombay, Bangalore, …) sound system et reggae musique.

C’est la fin de notre parcours en Inde, on pourra dire que nos relations avec chaque artiste auront été différentes. Il n’est jamais facile de prévoir à l’avance ce qui subsistera d’une rencontre. Elles ont parfois été très courte. L’instant de l’enregistrement quelques mots échangés, un courant qui passe, des liens qui se créent plus ou moins forts…

Nous nous sommes parfois sentis comme de gens de passages sympas qui fournissent une vidéo gratuite et une visibilité. Mais le plus souvent, c’est plus que ça. C’est un réel échange, un intérêt mutuel. Comme ici, avec les membres de Head Motif et c’est ce qui nous amène à aimer ce qu’on fait.

 

Un artiste au centre d’une ville de contrastes

Pushkar, lieu sacré et chantant, où les touristes défilent plus stylés les uns que les autres…

Minis shorts et babas cool côtoient les indiennes en saris, les vaches et les vendeurs de chichons. Dans les rues où les commerces de fringues et de souvenirs s’entassent et tentent sans cesse de vous attraper au passage; c’est la chasse aux meilleures prix, à la plus belle paire de boucles d’oreilles.

Cette catégorie de touristes, plutôt débridée, viendrait des plages du Sud apparemment connues pour leurs cocktails, leurs plages, leur extravagance.

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Pushkar, malgré son statut de point de chute de ses masses d’étrangers, renferme encore des endroits apaisants où les locaux viennent faire leurs ablutions et prières au lac. Sur les gâths une atmosphère mystique règne, étrange et tranquille. Nous nous installons en campagne non loin de là.

Entre les fêtards et les adeptes de yoga, certains viennent aussi dans la ville pour faire leurs premiers pas entant que musiciens.  Ces voyageurs, on les retrouve partout en Inde. Beaucoup décident, curieux, de s’intéresser à la musique indienne, d’autres viennent régulièrement et certains passent plusieurs mois en Inde pour une formation de longue durée. Ils peuvent facilement trouver toute une série de professeurs indiens qui se proposent de vous initier à l’harmonium, aux tablas, à la sitar…

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Vini en plus d’être un musicien confirmé est le fondateur de la Krishna Music School. Le nom fait grandiose mais c’est en réalité dans une piécette sans prétention que nous l’avons rencontré. Au centre de la ville, un temple protégé dans la cohue environnante par une enceinte de murs, se tient, majestueux. Sur cette place, des notes approximatives se cachent derrière un rideau usé. Une élève israélienne s’exerce à l’harmonium.

Nous reconnaissons Vini, le chanteur du groupe Chokhi que nous avions apprécié quelques jours plus tôt sur la scène aménagée dans le cadre du Holi Festival. Très vite, l’artiste marque son intérêt pour le projet et accepte volontiers de faire partie des musiciens présentés par The World Music Tour.

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Nous montons sur les toits avec deux de ses compères, il souhaite nous faire découvrir une de ses compositions, son adaptation d’une ballade traditionnelle du Rajasthan.

C’est l’histoire d’une femme qui demande à son mari de lui ramener quantité de citrons de son voyage en ville. Nous repensons alors à William le rasta qui, dans une de ses chansons, demandait de ramener du lait, du rhum et de l’herbe si vous alliez faire un tour à la campagne.

Vini joue, avec ces mimiques rigolotes et ses sourires, accompagné par Laxminarayam sérieux avec ses mini-timbales et Goury, percussionnistes que nous croisons à nombreuses reprises dans les rue de Pushkar. Il transmet sa passion du Dolak.

Mohan Khan

En Inde, nous comprenons assez vite qu’il faudra se centrer sur notre projet, voir même le redéfinir, afin de ne pas partir dans tous les sens vu la diversité artistique passionnante du pays. Danses enivrantes et dévouées, chants et clips un peu kitchs à gogo, instruments en veux-tu en voilà,… Nous sommes un peu perdus au milieu de toutes ces disciplines aux noms étranges mais prenons du plaisir à manger goulument la culture épicée du Nord de l’Inde.

Il est intéressant de préciser ici, que chaque état possède ses propres instruments et tonalités, qu’il existe des castes de musiciens et que la musique est présente partout, avec chaque fois une mission bien définie. Dans les temples et autres lieux sacrées, elle rendra hommage à l’une ou l’autre divinité. A travers les générations, elle accomplira son devoir de mémoire. Ailleurs, elle fait danser les acteurs des films bollywoodiens.

Sur les routes de notre aventure, nous nous sommes concentrés sur le Rajasthan, cette région à la frontière du Pakistan. Nous étions partis curieux avec l’envie de découvrir la communauté Gypsis originaire de cet état. Une fois sur place, le contact fut facile à établir mais la réalité nous a vite rattrapés. En effet, nous sommes à Jasailmer, une des villes, sans doute, les plus touristique de la région. Aux portes du désert où aux portes de l’industrie du “Camel Safari” (tout dépend du point de vue), les artistes gypsis ont mis en place un business des plus rentables. On ne les blâme pas mais cette situation a rendu difficile l’exposition du projet qui est porté sur la rencontre et l’échange. Nous apparaissons comme des clients potentiels, ce qui est compréhensible, une odeur de fric flotte dans l’air. Nous repartons déçus de ne pas avoir pu convaincre. Après tout, ces danseurs, chanteurs et musiciens ne sont peut-être tout simplement pas intéressés par ce que nous avons à proposer. Nous acceptons.

Le projet évolue, se précise. Nous ne sommes ni musiciens, ni musicologues ; nous sommes avides de rencontres culturelles, intenses, qu’elles soient éphémères, spontanées ou de longue durée. Nous voulons découvrir un pays par ce biais considérant la musique comme liant, comme un langage, une note de couleur rythmant notre périple.

Et si nous pouvons, par la même occasion, fournir une vidéo aux musiciens concernés et ainsi leur laisser un petit quelque chose, une publicité, une mémoire en image, nous avons réussi cet échange.

C’est dans cette optique que nous avons rencontré Mohan Khan. Ancien élève d’Allah Ka Khan, fils de Zakir Hussein mondialement connu pour sa maîtrise des tablas, il nous propose de découvrir sa passion.

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Cet instrument typiquement indien est composé d’un petit tambour et d’une timbale. Fait de peau de chèvre ou buffalo, sur laquelle est fixé un mélange de fer et de farine sur le centre du tambour (partie noir que l’on voit), les tablas permettent une quantité considérable de tonalité.

Mohan est un maître en la matière, musicien confirmé et professeur, il nous a reçu chez lui. Au delà de la barrière de la langue, le contact passe. Quelques sourires, quelques traductions de Dominique son élève qui parle quelques mots d’hindi.

Il est à peu près 11h lorsque nous nous installons sur les toits surplombants le quartier de Mohan. On boit du Chaï, on discute. Jaisalmer, vue d’ici, est une bonne représentation de ce qu’a à nous proposer cet endroit.

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Le soleil est au zénith, il éblouit, cerne les visages et brûle le capteur de la caméra. Mohan nous fait migrer dans sa salle de répétition où l’on retrouve la fraicheur et la lumière que nous attendions. Il nous présente son instrument. Geraldine joue le jeu et essaie, elle s’avère être une élève assez brillante, dixit Mohan.

Après une petite demo de tabla, notre hôte souhaite partager une chanson Rajasthani classique, interprétée de manière traditionnelle. La famille s’invite à la répétition.

L’homme raconte l’histoire d’une voix puissante et nasillarde. Nous n’avons pas l’habitude d’une telle puissance dans cette catégorie musicale, tantôt impressionnante, tantôt agressive aux tympans. Malgré cela, nous sommes conquis par le moment présent. Cette famille qui nous accueille sans qu’on ai été annoncés.

On partage avec vous…

Un peu plus tard, dans la soirée, Mohan, Dominique et deux amis nous proposent une chanson folklorique également typique.

Chant folklorique

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Indonésie

Trois milles îles et quelques une à parcourir…

La musique indonésienne est très caractéristique. Le Gamelan notamment qu’on retrouve surtout à Bali et Java est très répandu et représentatif de l’archipel. Percussions se mêlent aux flûtistes, gongs, cymbales, xylophones et chanteurs créant ainsi une musique toute particulière. Cette performance sacrée posséderait même des pouvoirs surnaturels en Indonésie.

Les différents conseils récoltés nous permettront d’élargir nos connaissances en matière de musiques traditionnelles et plus modernes. Nous savons déjà que les nuits sont rythmées jusqu’au petit matin par des artistes en tout genre et que de nombreux prétextes suscitent l’organisation d’évènements musicaux.

Notons que des artistes inspirés par le Gamelan créèrent des styles tels que la fusion music et la progressive music. Des musiciens comme Guruh Gipsy ont donné naissance à une brochette de jeunes se produisant régulièrement dans les rue de Jakarta.

 

Népal

En prolongement de la musique indienne et liée à la musique tibétaine, nous partons à la découverte d’un art résultant du mélange entre hindouisme et bouddhisme. Nous sommes convaincus que le peuple népalais, réputé plus accueillant que jamais, renferme de nombreux talents vocaux et instrumentaux.

Lors d’évènement festifs ou religieux, le folklore népalais est très actif dans les rues des villes et villages de ce pays montagneux.

Animation ou réel instrument de culte, la musique est utilisée dans chacune des castes népalaises et chaque localité du pays est accompagnée de son propre Dieu de la musique appelé Nāsadya.

Lors du nouvel an tibétain le 17 février 2014 ainsi que durant la fête nationale le 19 février, nous aurons l’occasion de rencontrer de nombreux artistes et découvrir diverses formes de musicalités dans une ambiance festive.