Mohan Khan

En Inde, nous comprenons assez vite qu’il faudra se centrer sur notre projet, voir même le redéfinir, afin de ne pas partir dans tous les sens vu la diversité artistique passionnante du pays. Danses enivrantes et dévouées, chants et clips un peu kitchs à gogo, instruments en veux-tu en voilà,… Nous sommes un peu perdus au milieu de toutes ces disciplines aux noms étranges mais prenons du plaisir à manger goulument la culture épicée du Nord de l’Inde.

Il est intéressant de préciser ici, que chaque état possède ses propres instruments et tonalités, qu’il existe des castes de musiciens et que la musique est présente partout, avec chaque fois une mission bien définie. Dans les temples et autres lieux sacrées, elle rendra hommage à l’une ou l’autre divinité. A travers les générations, elle accomplira son devoir de mémoire. Ailleurs, elle fait danser les acteurs des films bollywoodiens.

Sur les routes de notre aventure, nous nous sommes concentrés sur le Rajasthan, cette région à la frontière du Pakistan. Nous étions partis curieux avec l’envie de découvrir la communauté Gypsis originaire de cet état. Une fois sur place, le contact fut facile à établir mais la réalité nous a vite rattrapés. En effet, nous sommes à Jasailmer, une des villes, sans doute, les plus touristique de la région. Aux portes du désert où aux portes de l’industrie du “Camel Safari” (tout dépend du point de vue), les artistes gypsis ont mis en place un business des plus rentables. On ne les blâme pas mais cette situation a rendu difficile l’exposition du projet qui est porté sur la rencontre et l’échange. Nous apparaissons comme des clients potentiels, ce qui est compréhensible, une odeur de fric flotte dans l’air. Nous repartons déçus de ne pas avoir pu convaincre. Après tout, ces danseurs, chanteurs et musiciens ne sont peut-être tout simplement pas intéressés par ce que nous avons à proposer. Nous acceptons.

Le projet évolue, se précise. Nous ne sommes ni musiciens, ni musicologues ; nous sommes avides de rencontres culturelles, intenses, qu’elles soient éphémères, spontanées ou de longue durée. Nous voulons découvrir un pays par ce biais considérant la musique comme liant, comme un langage, une note de couleur rythmant notre périple.

Et si nous pouvons, par la même occasion, fournir une vidéo aux musiciens concernés et ainsi leur laisser un petit quelque chose, une publicité, une mémoire en image, nous avons réussi cet échange.

C’est dans cette optique que nous avons rencontré Mohan Khan. Ancien élève d’Allah Ka Khan, fils de Zakir Hussein mondialement connu pour sa maîtrise des tablas, il nous propose de découvrir sa passion.

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Cet instrument typiquement indien est composé d’un petit tambour et d’une timbale. Fait de peau de chèvre ou buffalo, sur laquelle est fixé un mélange de fer et de farine sur le centre du tambour (partie noir que l’on voit), les tablas permettent une quantité considérable de tonalité.

Mohan est un maître en la matière, musicien confirmé et professeur, il nous a reçu chez lui. Au delà de la barrière de la langue, le contact passe. Quelques sourires, quelques traductions de Dominique son élève qui parle quelques mots d’hindi.

Il est à peu près 11h lorsque nous nous installons sur les toits surplombants le quartier de Mohan. On boit du Chaï, on discute. Jaisalmer, vue d’ici, est une bonne représentation de ce qu’a à nous proposer cet endroit.

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Le soleil est au zénith, il éblouit, cerne les visages et brûle le capteur de la caméra. Mohan nous fait migrer dans sa salle de répétition où l’on retrouve la fraicheur et la lumière que nous attendions. Il nous présente son instrument. Geraldine joue le jeu et essaie, elle s’avère être une élève assez brillante, dixit Mohan.

Après une petite demo de tabla, notre hôte souhaite partager une chanson Rajasthani classique, interprétée de manière traditionnelle. La famille s’invite à la répétition.

L’homme raconte l’histoire d’une voix puissante et nasillarde. Nous n’avons pas l’habitude d’une telle puissance dans cette catégorie musicale, tantôt impressionnante, tantôt agressive aux tympans. Malgré cela, nous sommes conquis par le moment présent. Cette famille qui nous accueille sans qu’on ai été annoncés.

On partage avec vous…

Un peu plus tard, dans la soirée, Mohan, Dominique et deux amis nous proposent une chanson folklorique également typique.

Chant folklorique

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